Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

Halle : l’Allemagne veut mieux protéger la communauté juive

En signe de solidarité avec la communauté juive, la chancelière Angela Merkel s’est rendue mercredi soir à la synagogue de l‘Oranienburger Straße à Berlin. Elle a appelé à lutter avec détermination contre l’antisémitisme sous toutes ses formes.

En signe de solidarité avec la communauté juive, la chancelière Angela Merkel s’est rendue mercredi soir à la synagogue de l‘Oranienburger Straße à Berlin. Elle a appelé à lutter avec détermination contre l’antisémitisme sous toutes ses formes., © Gouvernement fédéral/Denzel

10.10.2019 - Article

Deux personnes ont été tuées hier dans l’attaque d’une synagogue, puis d’un restaurant turc à Halle (Saxe-Anhalt). L’Allemagne, choquée, exprime sa solidarité avec la communauté juive. L’État va renforcer la protection des synagogues et lieux de culte juifs.

L’Allemagne est encore sous le choc. « Une journée noire », un « jour de honte et d’opprobre », a dit le ministre allemand de l’Intérieur, Horst Seehofer. Hier, à Halle (Saxe-Anhalt), un homme lourdement armé a abattu une femme et un homme après avoir tenté de forcer les portes d’une synagogue où 70-80 personnes célébraient Yom Kippour, la principale fête juive. Depuis, les manifestations de solidarité avec la communauté juive se multiplient. L’État vient, par ailleurs, d’annoncer le renforcement des mesures de sécurité.

Plusieurs personnalités politiques se sont rendues sur les lieux. Le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, a déposé jeudi matin un bouquet devant la synagogue en compagnie du président du Conseil central des juifs d’Allemagne, Josef Schuster. « Condamner un acte aussi lâche n’est pas suffisant », a-t-il dit. « Il doit être clair que l’État assume ses responsabilités à l’égard de la vie juive et de sa sécurité » sur le sol allemand. Par ailleurs, la société dans son ensemble se doit d’afficher « une attitude claire, déterminée de solidarité envers nos compatriotes juifs ».

« Un jour de honte » pour l’Allemagne

Le ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, s’est à son tour rendu à Halle dans l’après-midi. Il a annoncé des mesures lors d’une conférence de presse et il a assuré que le gouvernement fédéral « fera[it] tout pour que les juifs puissent vivre sans crainte » en Allemagne. « Plus jamais ça : la République fédérale en a fait le serment devant le monde entier », a-t-il souligné en référence à la Shoah.

Par mesure d’urgence, le gouvernement va augmenter durablement les forces de sécurité protégeant les synagogues et les lieux de culte juifs. M. Seehofer réunira ensuite la semaine prochaine ses homologues des länder pour examiner les conclusions à tirer de cette attaque à caractère antisémite.

Il souhaite notamment agir plus activement contre les discours de haine qui circulent sur Internet. « La haine est toujours l’étape qui précède le passage à l’acte », a-t-il mis en garde tout en insistant sur la menace que représentent aujourd’hui en Allemagne l’antisémitisme, l’extrême-droite et le terrorisme d’extrême-droite. Il s’agit là, a-t-il dit, « du défi central auquel est confrontée notre société avec le terrorisme islamiste ».

Ses paroles rejoignent celles de la chancelière Angela Merkel qui avait promis dès ce matin une « tolérance zéro ». « La haine, le racisme et l’antisémitisme n’ont pas leur place dans notre pays », a-t-elle dit. « Nous devons nous opposer à l’antisémitisme sous toutes ses formes ». Et « nous nous réjouissons de chaque synagogue, de chaque communauté juive et de toute la vie juive qui s’épanouit dans notre pays ».

La chancelière s’était rendue dès hier soir à la Nouvelle synagogue de Berlin, sur l’Oranienburgstraße, en signe de solidarité. Elle y a rejoint une manifestation spontanée de soutien de citoyens allemands à la communauté juive. Depuis hier, les gestes de solidarité se multiplient, en effet. Ce matin, une veillée s’est tenue sur les lieux de l’attentat. Des citoyens et des responsables politiques de divers horizons partisans ont déposé ensemble fleurs et bougies. « Quand cela va-t-il s’arrêter ? », s’est douloureusement interrogé, de son côté, le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas.

A.L.

Plus d’informations :

Office de presse et d'information du gouvernement fédéral (en allemand)
Ministère fédéral de l'Intérieur (en allemand)

Retour en haut de page