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Parachever l’unité est l’affaire de tous, selon Angela Merkel

« L’unité n’est pas un état atteint une fois pour toutes. C’est un processus, une mission permanente » qui est l’affaire « de tous les Allemands où qu’ils vivent », a déclaré Angela Merkel à l’occasion de la fête nationale, jeudi 3 octobre

« L’unité n’est pas un état atteint une fois pour toutes. C’est un processus, une mission permanente » qui est l’affaire « de tous les Allemands où qu’ils vivent », a déclaré Angela Merkel à l’occasion de la fête nationale, jeudi 3 octobre, © dpa

04.10.2019 - Article

À l’occasion de la fête nationale, la chancelière a exhorté hier tous les Allemands, à l’est comme à l’ouest, à s’impliquer pour parachever leur unité.

29 ans après la Réunification allemande, la chancelière Angela Merkel a salué hier les progrès observés dans les nouveaux länder. « À l’ouest comme à l’est, les gens sont plus satisfaits de leur vie », a-t-elle déclaré à l’occasion de la fête nationale qui était célébrée à Kiel, sur les bords de la Baltique (nord du pays), par une grande fête populaire.

Mais, a-t-elle souligné, si « l’unité étatique est achevée, l’unité des Allemands […] ne l’est pas, jusqu’à aujourd’hui ». « La majorité des Allemands de l’est ont l’impression d’être des citoyens de seconde classe en République fédérale. […] Moins de 40 % d’entre eux jugent l’Unification réussie ». Cela « fait aussi partie du bilan », a-t-elle dit.

Selon la chancelière, « l’unité n’est donc pas un état atteint une fois pour toutes. C’est un processus, une mission permanente » qui est l’affaire « de tous les Allemands où qu’ils vivent »

À l’est, « la violence de l’unification  a succédé au poids de la division »

La Journée de l’unité allemande (fête nationale) a été célébrée hier à Kiel, sur les bords de la Baltique (nord du pays), par une grande fête populaire
La Journée de l’unité allemande (fête nationale) a été célébrée hier à Kiel, sur les bords de la Baltique (nord du pays), par une grande fête populaire© Présidence fédérale/ Kugler

Hier, la chancelière avait donc un message à délivrer à chacun. Aux Allemands de l’Ouest, qui « ont par nature vécu tous ces bouleversements en spectateurs », elle a demandé de « comprendre que, pour beaucoup de gens à l’est, l’unité n’a pas été une expérience toujours positive ».

« Nous devons apprendre que l’amélioration de la situation économique ne génère pas à elle seule une identification à notre démocratie », a-t-elle dit. « Et que pour beaucoup de gens la violence de l’unification  a succédé au poids de la division ».

Elle a vécu elle-même les premières heures de l’Unification comme « un choc culturel », a-t-elle confié. Et de poser la question : « Avons-nous suffisamment réfléchi [à l’époque] au fait que l’individu […] ne peut pas mettre sa façon de penser, son ressenti et son expérience au vestiaire du jour au lendemain ? Et que peut-être, il n’en a pas envie ? ». Et à ce choc culturel s’est ajouté pour beaucoup la perte de la sécurité matérielle.

« Il n’y a pas de liberté individuelle sans responsabilité individuelle »

Mais la chancelière avait aussi un message pour les habitants des nouveaux länder. Lorsque la dictature de la RDA fixait des limites à l’épanouissement individuel, « il était confortable d’accuser l’État en cas d’échec au lieu de réfléchir à ses propres manquements », a-t-elle rappelé. Mais aujourd’hui, certains, à l’est comme à l’ouest, tendent de la même manière « à voir dans l’État ou dans ce qu’on appelle les élites la cause première de leurs difficultés ». « Si cette manière de penser s’impose, cela nous mène à la désolation », a-t-elle souligné.

« Il n’y a pas de liberté individuelle sans responsabilité individuelle », a alors martelé Angela Merkel. La liberté acquise en 1990 comporte aussi cette part d’« effort ».

Dans cet esprit, la chancelière a appelé ses concitoyens à « faire vivre la démocratie » pour construire l’avenir en commun. Elle les a exhortés à « débattre ouvertement des grands défis du présent » plutôt que de se replier « dans une bulle ». Et à dire « non à l’intolérance, non à l’exclusion, non à la haine et à l’antisémitisme ».

A.L.

Plus d’informations :

Écouter ou lire le discours de la chancelière Angela Merkel (en allemand)

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