Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

L’argent seul ne fait pas le bonheur

Les adultes allemands (30-59 ans) se jugent en meilleure situation que jamais, selon un sondage Allensbach. Mais ils jugent la société de plus en plus agressive et individualiste

Les adultes allemands (30-59 ans) se jugent en meilleure situation que jamais, selon un sondage Allensbach. Mais ils jugent la société de plus en plus agressive et individualiste, © blickwinkel

17.09.2019 - Article

En Allemagne, les 30-59 ans se portent financièrement mieux que jamais, révèle un sondage. Mais ils déplorent les évolutions de la société : agressivité, accélération, individualisme.

Ils représentent quatre personnes sur dix. Mais ils constituent 70 % des actifs et génèrent 80 % des revenus imposables. Comment vont les 35 millions d’adultes âgés de 30 à 59 ans qui vivent en Allemagne ? C’est la question que leur pose chaque année depuis 2013 l’Institut pour la démoscopie d’Allensbach. En 2019, ils se disent plus satisfaits que jamais de leur situation financière, mais ils ne respirent pas le bonheur pour autant.

« La génération du milieu », comme l’appellent les auteurs de l’enquête, a surmonté les difficultés économiques du passé. 59 % des sondés tirent un bilan positif de leur situation matérielle, 9 % un bilan négatif. 44 % jugent leur situation meilleure qu’il y a cinq ans (+2 points par rapport à 2018), 16 % moins bonne (-2 points). Les habitants de l’Est sont les plus enthousiastes : 46 % d’entre eux ont vu leur situation s’améliorer en cinq ans, 11 % se détériorer. Alors, heureux ?

Inquiétudes

Pas tout à fait. Pour commencer, beaucoup s’attendent à ce que l’embellie ne dure pas. 41 % des personnes interrogées pensent que l’économie allemande va s’affaiblir. Pour différentes raisons : manque de main-d’œuvre qualifiée (67%), politique de Donald Trump (66%), retard technologique (57%), affaiblissement du libre-échange (57%), déficits du système éducatif (56 %), évolution démographique 54%), changement climatique (49%).

La numérisation ne fait pas l’unanimité. 32 % y voient surtout une chance, 13 % un risque. Elle est vue d’autant plus positivement que le statut socioéconomique est élevé.  

L’avenir des retraites inquiète plus encore. 44 % des sondés (65 % parmi les personnes à faibles revenus) ont peur de ne pas avoir assez d’argent pour leurs vieux jours. Ils craignent de ne pas avoir assez épargné et d’avoir eu de trop faibles revenus durant leur période d’activité (notamment les femmes qui ont travaillé à temps partiel).

Pour y remédier, 63% plaident pour un système de retraite unique, incluant les fonctionnaires et les professions indépendantes. 59 % veulent renforcer le système de retraite complémentaire ou d’entreprise. 29% souhaitent un fonds de retraites public. 14 % seraient favorables à une obligation d’affiliation à un système de prévoyance privé.

Par ailleurs, moins d’un sondé sur trois (27 %) juge réalisée l´égalité entre les femmes et les hommes. Et même… moins d’une femme sur cinq (18 %) ! Rémunération, possibilités de carrière : seules 16% des femmes peuvent affirmer n’avoir jamais subi aucune discrimination fondée sur le genre, contre 60 % des hommes. Pourtant 66 % des sondés souhaiteraient que les salaires et les possibilités d’ascension professionnelles soient les mêmes dans les professions traditionnellement féminines que dans les professions traditionnellement masculines.

Une société plus dure

Résultats de l’enquête Allensbach. 66 % des Allemands ont, par ailleurs, le sentiment de vivre dans « une société où il faut jouer des coudes »
Résultats de l’enquête Allensbach. 66 % des Allemands ont, par ailleurs, le sentiment de vivre dans « une société où il faut jouer des coudes » (65% à l’Ouest, 76% à l’Est ; 60% dans les villages, 65% dans les villes petites et moyennes, 72% dans les grandes villes)© Allemagne Diplomatie/A. Lefebvre

Le dernier enseignement du sondage n’est pas le moindre. Il s’agit du regard – critique – que les Allemands portent sur la société. La majorité des sondés (51 %) jugent son évolution récente plutôt négative, 16 % seulement sont d’avis contraire. Les personnes interrogées déplorent pêle-mêle : la hausse de l’agressivité (81%), en particulier sur la route (90%), dans les lieux publics (59%), sur Internet (54%) et dans les transports en commun (51%), le manque de temps généralisé (77%) et la montée de l’impatience (66%), la montée de l’égoïsme (73%) et de la xénophobie (68%), le manque de respect (68%), de savoir-être (66%) et de tolérance (58%).

66 % ont ainsi le sentiment de vivre dans « une société où il faut jouer des coudes ». Mais cette sensation varie fortement d’un endroit à l’autre. Elle est partagée par 65% des sondés à l’Ouest, et par 76% à l’Est. Et elle est beaucoup plus forte dans les grandes villes (72%) que dans les villages (60%) et les villes petites ou moyennes (65%).

A.L.

Plus d’informations :

Résultats complets de l'enquête en graphiques (Institut d'Allensbach pour la démoscopie, en allemand)

Retour en haut de page