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« Le courage et la force m’émeuvent »

06.09.2019 - Article

Difficile de s’approcher encore plus des frère et sœur Scholl : des étudiants mettent en scène l’opéra « Weisse Rose », « la Rose blanche ». Ils nous racontent ce qui les a motivés.

Hans et Sophie Scholl
Hans et Sophie Scholl © dpa

Leur nom incarne le courage et une belle humanité : les frère et sœur Hans et Sophie Scholl faisaient partie du groupe de résistants dits de « la Rose blanche », opposés à la dictature nazie d’Hitler. Tous deux ont été exécutés en 1943 par le régime nazi. Dans l’opéra « Weisse Rose » de Selcuk Cara, neuf chanteurs et chanteuses de l’École supérieure de musique de Lübeck se partagent les rôles de Hans et Sophie Scholl. Christin Stanowsky et Martin Trømborg sont deux d’entre eux. Avec leurs camarades, ils ont mis en scène les dernières heures des frère et sœur Scholl.

Christin et Martin, qu’est-ce que ça fait de jouer Hans et Sophie Scholl ?

Christin : Le livret est tiré de leurs journaux intimes et de leurs lettres à leur famille, des textes authentiques donc. Aussi, jouer Sophie est assez oppressant. Je l’admire de s’être opposée au nazisme avec son frère. Même après son arrestation, elle n’a pas renié ses actes. Cela m’impressionne beaucoup.
Martin : J’ai pu ressentir le désarroi de Hans dans ses derniers moments, il trouve son exécution absurde. C’était très éprouvant.

Qu’est-ce qui vous a le plus touchés ?

Martin : Une question me travaillait particulièrement pendant les répétitions : Hans a-t-il provoqué l’exécution de sa petite sœur ? Je pense qu’il s’en sentait responsable. Cela m’a beaucoup touché.
Christin : Le courage et la force de Sophie m’émeuvent. Elle était très pugnace à mes yeux. En prison, elle espérait encore un avenir meilleur pour l’Allemagne. Sophie savait qu’elle allait être exécutée mais elle était convaincue que l’idée de la démocratie survivrait.

Pourquoi y a-t-il plus d’un Hans et plus d'une Sophie dans l’opéra ?

Martin : Avec plusieurs acteurs, on voit que cette histoire ne concerne pas que deux personnes. Hans et Sophie Scholl représentent tous ceux qui ont résisté et fait ce qu’il fallait faire.
Christin : Oui, nous sommes tous Hans et Sophie Scholl, et si l’un de nous tombe, le suivant continue. Cela reflète l’idée de la « Rose blanche » : le désir de démocratie et de liberté vit indépendamment des individus.

Trouvez-vous l’histoire des frère et sœur Scholl toujours actuelle ?

Christin : Absolument. Nous avons un grand nombre de libertés en Allemagne mais ce n’est pas le cas dans d’autres pays. Il y a certainement beaucoup de Sophie et de Hans dans le monde dont nous ne savons rien mais qui luttent pour la démocratie et la liberté. Le fait que nous connaissions les frère et sœur Scholl est pour nous une grande chance. Nous devrions nous en inspirer.
Martin : Cette histoire nous enseigne aussi à regarder les choses de près et à intervenir quand on assiste à l’oppression de minorités.          

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