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Berlin veut expérimenter le gel des loyers

Stop aux expulsions. La hausse des loyers suscite un vent de colère à Berlin. La mairie envisage de geler les loyers pendant cinq ans, une première en Allemagne

« Stop aux expulsions ». La hausse des loyers suscite un vent de colère à Berlin. La mairie envisage de geler les loyers pendant cinq ans, une première en Allemagne, © dpa-Zentralbild

20.06.2019 - Article

Le Sénat de la ville-État de Berlin a approuvé cette semaine les grandes lignes d’un projet de loi qui vise à geler les loyers pendant cinq ans dans la capitale allemande. Un remède à la crise du logement ?

C’est un nouvel épisode dans la crise du logement qui secoue certaines grandes villes allemandes, et notamment Berlin. Mardi 18 juin, le Sénat de la capitale a adopté les grandes lignes d’un projet de loi qui vise à enrayer la hausse des loyers en les gelant pendant cinq ans et en plafonnant la hausse de loyer à la relocation. C’est une première en Allemagne.

« Avoir un toit est un besoin fondamental, inscrit dans la Constitution du land de Berlin », souligne Katrin Lompscher, sénatrice au développement urbain et au logement. « Nous voulons stopper la spirale qui a fait grimper les loyers ces dernières années et calmer la surchauffe du marché berlinois. »

Manifestation contre la hausse des loyers à Berlin en avril dernier
Manifestation contre la hausse des loyers à Berlin en avril dernier© dpa

La loi doit entrer en vigueur en janvier 2020. Elle concernera quelque 1,6 million de logements dont le loyer n’est pas encore réglementé. Elle gèlera les loyers, fixera un loyer plafond (qui permettra le cas échéant de réduire la facture en cas de loyer très élevé) et contraindra les propriétaires à conserver le même niveau de loyer à la relocation, sauf en cas de travaux de modernisation. Mais ces derniers devront faire l’objet d’une autorisation particulière et, en cas de feu vert, la hausse du loyer sera encadrée. Les contrevenants seront sanctionnés pour infraction et soumis à une amende.

« Gagner du temps » pour construire des logements neufs

Les logements à loyer réglementé tels que les HLM ne seront pas concernés. Pas plus que les bâtiments neufs. En effet, la stratégie de la majorité rouge-rouge-verte (SPD-Die Linke- Les Verts) du Sénat de Berlin n’est pas de décourager la construction. Au contraire. « Il s’agit de brider l’évolution des loyers au niveau de l’inflation », a expliqué Thorsten Schäfer-Gümbel, l’un des présidents par intérim du Parti social-démocrate allemand (SPD). « De cette façon, nous gagnerons du temps pour construire des logements à des prix abordables ».

Il faut en effet répondre à la population berlinoise. Elle s’impatiente et exprime de plus en plus sa colère dans la rue. Plusieurs manifestations ont eu lieu ces derniers mois pour dénoncer la hausse des loyers, voire une tendance à la gentrification, les classes moyennes se voyant de plus en plus souvent contraintes de s’éloigner du centre-ville.

Une pétition vient, par ailleurs, de recueillir 77 000 signatures. Ses signataires réclament l’organisation d’un référendum sur l’expropriation des grands groupes immobiliers accusés de spéculer.

Berlin, un laboratoire face à la crise du logement

Le Sénat de Berlin voit dans son initiative en faveur d’un gel des loyers une mesure test. Il espère inspirer d’autres villes allemandes, elles aussi confrontées à une crise du logement. Mais son projet a de nombreux détracteurs. « Si les propriétaires ne peuvent plus augmenter le loyer, ils devraient cesser de s’occuper de l’entretien et de la rénovation de leurs logements », souligne l’économiste Michael Voigtländer de l’Institut IW. Un avis partagé par plusieurs experts de l’immobilier.

A.L.

Plus d’informations :

Communiqué de presse du Sénat de Berlin (en allemand)

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