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Pour plus de diversité dans les médias

Pour plus de diversité dans les médias

Pour plus de diversité dans les médias, © © eggeeggjiew - stock.adobe.com

10.05.2019 - Article

L’association « Neue deutsche Medienmacher » s’engage pour qu’il y ait davantage de personnes issues de familles immigrées dans les rédactions.

Sheila Mysorekar
Sheila Mysorekar© Thomas Lobenwein

Pour Sheila Mysorekar, présidente de l’association de professionnels des médias « Neue deutsche Medienmacher » (NdM) fondée en 2008, il devrait y avoir en Allemagne davantage de journalistes et de rédacteurs issus de l’immigration. Aujourd’hui, quelque 1 250 professionnels s’engagent au sein de NdM pour plus de diversité dans les médias et les débats publics.

Madame Mysorekar, votre association réclame davantage de diversité dans la couverture médiatique. Pourquoi ce sujet est-il important ?
C’est une question d’égalité des chances et de cohésion sociale, en particulier dans le contexte de polarisation de la société observé actuellement. De plus en plus de gens ne se retrouvent pas assez dans les médias. Des minorités issues de l’immigration n’apparaissent souvent qu’en lien avec des nouvelles négatives.
Les médias informent trop peu sur la discrimination structurelle, mais aussi sur ce qui fonctionne bien dans notre société. L’information unilatérale renforce les préjugés.

La conscience de l’opinion publique pour ce problème augmente, et c’est aussi ce que révèle la croissance rapide du nombre de membres de l’association NdM. Quelles en sont les raisons ?
En Allemagne, un quart de la population est issu de l’immigration. Dans les débats à différents niveaux, on voit toujours davantage de personnes qui ne portent pas un nom allemand d’origine. Les chaînes de radio et de télévision publiques ainsi que les chaînes privées reconnaissent de plus en plus que la couverture médiatique doit gagner en diversité. Mais la presse écrite s’adapte trop lentement. Pourtant, en se diversifiant, elle pourrait toucher de nouveaux groupes de lecteurs.

Sur les chaînes allemandes et dans la presse,  on compte quelques journalistes célèbres issus de l’immigration. Malgré tout, la part des professionnels des médias issus de l’immigration est seulement évaluée à cinq pour cent. Pourquoi ?
En Allemagne, les personnes venant de familles d’ouvriers, dont sont originaires la plupart des immigrés, exercent rarement une activité professionnelle dans les médias. Nous nous attaquons à ce problème grâce à notre programme de tutorat, dans le cadre duquel des collègues renommés aident les jeunes journalistes à se lancer. Nous informons aussi les services de formation des médias sur les avantages de la diversité et proposons des formations pour les organisations.

Multiplier les points de vue au lieu de se contenter d’une couverture médiatique unilatérale
Multiplier les points de vue au lieu de se contenter d’une couverture médiatique unilatérale© dpa
Quels autres dispositifs l’association NdM met-elle en place pour favoriser le changement ?Ce sont toujours les mêmes personnes, par exemple, qui participent aux émissions-débats : en règle générale des professionnels allemands blancs. De nombreuses rédactions disent qu’elles n’ont tout simplement pas d’autres contacts. Dans notre banque de données « Vielfaltfinder », les journalistes peuvent trouver des experts issus de l’immigration pour de nombreux domaines. De plus, nous avons élaboré un glossaire pour les rédactions comprenant des recommandations pour une couverture médiatique neutre.    

En 2016, votre association a lancé l’initiative « No Hate Speech Movement Deutschland ». Pourquoi cela était-il nécessaire ?
Il y a un manque de solidarité avec les personnes concernées. La politique doit en outre réfléchir à la problématique de la condamnation des propos haineux et chercher des solutions pour les réduire. Nous voulons développer la prise de conscience des conséquences graves que ces propos peuvent avoir et proposons aux personnes concernées des moyens de réagir aux insultes. Nous sommes d’avis que si l’on peut écrire, on peut se défendre. Et si l’on n’en a pas la force, des répliques, des mèmes et des vidéos à télécharger aidant à faire face à ces situations sont à disposition sur notre site web.

Projets de l’association « Neue deutsche Medienmacher » :

Interview : Nicole Sagener
© www.deutschland.de
Traduction révisée par l’Ambassade d’Allemagne

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