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Plus de liberté ici, moins de pression là

New Work : travailler où et quand l’on veut

New Work : travailler où et quand l’on veut, © deutschland.de/Gpoint Studio

11.04.2019 - Article

En Allemagne, le monde du travail change. Pour quelles répercussions ? Commentaire d’une psychologue sur le télétravail et la numérisation.

Julia Scharnhorst est psychologue diplômée titulaire d’un master en santé publique et psychothérapeute. Elle se consacre à la santé mentale sur le lieu de travail.

Madame Scharnhorst, le télétravail est-il une grande liberté pour les gens ayant un emploi de bureau ?
Pour beaucoup d’entre eux, le travail à domicile est très attractif : ils n’ont plus à se rendre sur leur lieu de travail, peuvent travailler sans être dérangés et peuvent gérer librement leur temps de travail. Il est aussi plus facile de s’occuper des enfants. En revanche, les salariés en télétravail courent le risque d’être coupés du flux d’informations et de l’équipe. Le télétravail peut également encourage à faire cavalier seul. C’est pourquoi il est judicieux de ne pas transférer complètement le travail des employés à domicile mais de le limiter à quelques jours.  

La génération Y réclame un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Les entreprises réagissent avec des modèles de travail plus souples. Jusqu’où cela doit-il aller ?
Avoir une certaine liberté pour gérer ses tâches et avoir le choix des horaires et du lieu de travail est bon pour la santé mentale. Les directives strictes et les structures rigides occasionnent davantage de stress et de troubles psychologiques. Toutefois, les entreprises doivent veiller à ce que le personnel travaillant beaucoup à domicile soit suffisamment intégré. Il est important que cette forme de travail soit également reconnue et estimée.

Tout ce qui est techniquement possible n’est pas forcément compatible avec une forme humaine d’aménagement du travail.
Julia Scharnhorst, psychologue spécialiste du travail

De leur côté, les ouvriers vont plutôt être confrontés à devoir travailler en collaboration avec des robots. Quels défis voyez-vous dans la numérisation ?
La numérisation va avoir des répercussions sur tous les postes de travail. Il faut s’attendre à ce que la charge mentale augmente car il faudra que les employés soient plus concentrés et plus attentifs. L’intensification du travail et la multiplication des informations entraînent également un risque de surmenage. La numérisation va souvent de pair avec une réduction de l’autonomie : l’ordinateur a déjà pris toutes les décisions et l’homme n’a plus qu’à les appliquer.   

La numérisation soulève des questions éthiques graves. En effet, tout ce qui est techniquement possible n’est pas forcément compatible avec une forme humaine d’aménagement du travail. Le travail et la performance sont de plus en plus facilement contrôlables. Cela augmente la pression sur le personnel.

En comparaison avec le reste du monde, où en est l’Allemagne dans la modernisation des structures de travail ?
Sur le plan purement technique, il serait déjà possible d’aller plus loin dans la numérisation. Mais en Allemagne, la législation sur la protection contre les risques professionnels et les syndicats empêchent un trop grand contrôle et une gestion trop directive des salariés. Dans les pays de disposant pas de telles lois, il arrive même que l’on mesure le temps que les salariés passent aux toilettes ou que chaque geste soit commandé par un ordinateur. En Allemagne, cette forme de contrôle des performances n’est pas autorisée.   

Interview : Martin Orth
© www.deutschland.de
Traduction révisée par l’Ambassade d’Allemagne

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