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Exposition : au cœur du « swinging Berlin » des années 1990

Vue de l’exposition „Nineties Berlin“, à Berlin

Vue de l’exposition « Nineties Berlin », à Berlin, © nineties berlin, Berlin 2019

20.03.2019 - Article

La chute du mur de Berlin a libéré la ville grise qui symbolisait la Guerre froide pour en faire la capitale bouillonnante et sexy qui inspire le monde entier. Une exposition revient sur la parenthèse décoiffante que fut le Berlin des années 1990.

De 1961 à 1989, Berlin a vécu enfermée dans son mur à l’ombre des miradors. C’était une ville grise et ennuyeuse, symbole des douleurs de la Guerre froide et de la division. Puis, ce fut l’explosion. Ni coup de feu, ni massacre. Une explosion de joie. Une clameur grimpant jusque sur les cloisons de béton du mur entamées à coups de pioche. Cette nuit du 9 au 10 novembre 1989, Berlin a pu respirer pour la première fois. Pousser un soupir de soulagement. Et surtout prendre une grande bouffée d’oxygène comme le montre l’exposition « Nineties Berlin ».

Présentée à la Alte Münze de Berlin, et simultanément sur Internet (voir lien ci-dessous), elle nous replonge dans cette décennie mythique qui a vu Berlin faire sa mue pour prendre son envol. De grise, la ville est devenue sexy, créative, trépidante – une force d’attraction pour les créatifs du monde entier. De foyer de crise, elle est devenue capitale. De monotone, elle est devenue la scène techno qui fait danser l’Europe dans la chaleur de ses clubs ou dans les rues bondées de la Love Parade.

« La kalachnikov était le symbole du mur » de Berlin, rappelle Stefan Wolle, l’un des commissaires de l’exposition « Nineties Berlin ». En 28 ans, 140 personnes ont trouvé la mort en tentant de le franchir.
« La kalachnikov était le symbole du mur » de Berlin, rappelle Stefan Wolle, l’un des commissaires de l’exposition « Nineties Berlin ». En 28 ans, 140 personnes ont trouvé la mort en tentant de le franchir.© nineties berlin, Berlin 2019

L’exposition nous fait (re)découvrir à la fois l’héritage violent et tragique du mur et la frénésie décoiffante qui s’est emparée de la ville pour faire émerger le « nouveau Berlin ». Elle le fait à grand renfort de moyens techniques et multimedia. Ses 1 500 m2 proposent six espaces, un écran géant, 14 bornes avec des interviews de témoins de l’époque, une installation artistique, des photos et vidéos, des vues aériennes illustrant la transformation de la ville. Mais l’on trouve également partout des textes au format classique. Ils sont présentés en deux langues (allemand et anglais). L’exposition s’adapte ainsi à tous les publics en offrant une grande variété de niveaux de lecture de compréhension.

« Nineties Berlin » ravira tous ceux qui ont connu Berlin à cette période, ainsi que les nostalgiques d’une époque révolue. Car elle revient sur cette époque à l’heure où elle s’achève.

Avec ses loyers de plus en plus chers, « Berlin a un problème d’identité », explique Michael Geithner, l’un des commissaires de l’exposition. « Elle n’est plus pauvre, et elle n’est même plus sexy (face aux problèmes financiers de la ville dans les années 2000, Klaus Wowereit, son maire, avait déclaré un jour : »Berlin est pauvre… mais sexy !« ). Le faible coût de la vie, la scène alternative haute en couleur et la fête dans des endroits inattendus de la ville ont été sa marque de fabrique pendant plusieurs années. Mais ce qu’il en reste lutte pour survivre ».

Il n’empêche, Berlin la créative, Berlin l’alternative, Berlin la ville libérée n’a pas fini de faire rêver, ni d’inspirer…

A.L.


Plus d’informations :

Visite virtuelle de l'exposition (en allemand/anglais)

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