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Mégalopoles : quel impact sur les océans ?

Port d’Aberdeen vu depuis le Pic Victoria, Hong-Kong (Chine)

Port d’Aberdeen vu depuis le Pic Victoria, Hong-Kong (Chine), © dpa/pa

14.03.2019 - Article

Une équipe germano-chinoise mène des recherches en Mer de Chine pour mesurer l’empreinte écologique de la mégalopole du delta de la Rivière des Perles, qui regroupe 100 millions d’habitants autour de Hong Kong, Shenzhen, Canton et Macao.

Les scientifiques sont unanimes : la population mondiale croît rapidement, et elle se regroupe dans les régions côtières. Quelque 70 % des habitants de la planète vivent aujourd’hui sur les rivages dans des villes parfois gigantesques. Mais est-ce une évolution soutenable à l’heure où les déchets s’accumulent tragiquement dans les océans avec des dégâts irréversibles sur les écosystèmes marins ? Pour en avoir le cœur net, des scientifiques allemands et chinois ont lancé le projet MEGAPOL avec le soutien du gouvernement allemand. Il vise à mesurer avec précision l’empreinte écologique de l’une des plus vastes conurbations au monde : la mégalopole du delta de la Rivière des Perles.

Les scientifiques ont déjà mené deux explorations en mer de Chine en 2015 et à l’automne 2018. Une troisième est prévue pour l’été prochain. Issus de l’Institut Leibniz pour la recherche en mer Baltique (IOW) de Warnemünde, de l’Université de Shanghaï et du Marine Geological Survey (GMGS) de Canton, ils espèrent ainsi reconstituer sur cinq ans l’empreinte écologique d’une mégalopole littorale peuplée de près de 100 millions d’habitants qui relie les métropoles de Hong Kong, Shenzhen, Canton, Macao, Foshan, Dongguan, Zhongshan et Jiangmen.

Près de 100 millions habitants, neuf fois l’Île-de-France

Le navire de recherche allemand « Sonne » au cœur du projet germano-chinois MEGAPOL qui étudie l’impact des mégapoles de 100 millions d’habitants sur l’environnement marin.
Le navire de recherche allemand «  Sonne  » au cœur du projet germano-chinois MEGAPOL qui étudie l’impact des mégapoles de 100 millions d’habitants sur l’environnement marin. © dpa/pa

Cet ensemble gigantesque « rejette toutes ses eaux usées dans la Rivière des Perles, puis dans la mer  », explique Joanna Waniek, océanologue et coordinatrice allemande du projet. Or, «  nous n’avons pas encore suffisamment conscience que tout ce que nous déversons dans la mer ne disparaît pas. Cela y reste pour longtemps. Lors de toutes nos expéditions en mer, nous voyons des quantités massives de déchets en plastique dériver sur des matelas d’algues  ». Et ces déchets, ingérés par les poissons, les oiseaux ou les moules, entreront tôt ou tard dans la chaîne alimentaire de l’homme.

L’expédition qui se prépare voit donc grand. 70 sites de prélèvement ont été identifiés en mer de Chine, à proximité de l’embouchure de la Rivière des Perles. Les scientifiques analyseront l’ensemble de la colonne d’eau et des échantillons de sédiments à la recherche de tout ce qui s’y trouve : nutriments, métaux lourds, polluants organiques classiques et «  nouveaux polluants  » tels que les micro-plastiques, les médicaments, les filtres U.V des crèmes solaires et les hormones. «  Le problème ne vient pas d’un polluant particulier, mais du ‘cocktail’ que le fleuve déverse en mer de Chine  », expliquent en effet les scientifiques. L’éthinylestradiol, par exemple, que l’on trouve dans les pilules contraceptives, a pour effet de féminiser le corps des poissons mâles.

Des conclusions qui intéresseront sûrement l’Europe

 

L’expédition se fera sur le navire de recherche allemand «  Sonne  », qui peut embarquer une quarantaine de personnes pendant 50 jours. Le ministère allemand de l’Éducation et de la Recherche apporte, par ailleurs, un soutien de près d’un million d’euros au projet MEGAPOL.

De fait, les résultats de ce dernier ne devraient pas intéresser que l’Asie. «  En Allemagne aussi, il faudrait qu’ils reçoivent l’écho d’un signal d’alarme  », affirme Joanna Waniek, «  car les villes se développent chez nous aussi en augmentant la pression sur les zones côtières ou leur arrière-pays ». Ainsi, «  les grandes villes du Bassin Méditerranéen  », rappelle notamment l’océanologue, «  polluent déjà très fortement la mer Méditerranée  ».

A.L.

 

Plus d’informations :

Institut Leibniz pour la recherche en mer Baltique de Warnemünde : description du projet MEGAPOL (en allemand)

Office de presse et d'information du gouvernement fédéral (en allemand)

… et aussi :

La recherche polaire et océanographique allemande (Ministère fédéral de l'Éducation et de la recherche) (en anglais/ allemand)

La pollution et le futur des océans (en anglais/ allemand)

Les navires de recherche allemands, dont le « Sonne » (en anglais/ allemand)

La recherche allemande dans le domaine du développement durable (en anglais/ allemand)

Le plan d'action du G20 contre la pollution des mers (en allemand)

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