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Plafond de verre : les femmes est-allemandes prennent l’avantage

La chancelière Angela Merkel, un exemple de la réussite des femmes est-allemandes, confirmée par une récente étude

La chancelière Angela Merkel, un exemple de la réussite des femmes est-allemandes, confirmée par une récente étude, © dpa

07.03.2019 - Article

30 ans après la chute du mur de Berlin, une étude balaie les préjugés : si les Allemands de l’Est sont sous-représentés aux postes à responsabilité, les femmes est-allemandes tirent bien mieux leur épingle du jeu que les hommes… et que les femmes de l’Ouest.

Chancelière depuis plus de 13 ans, Angela Merkel est-elle le reflet d’un mouvement de fond ou l’exception qui confirme la règle ? Un peu des deux, conclut une enquête menée par la Mitteldeutscher Rundfunks (MDR) et la Rundfunk Berlin-Brandenburg (RBB), deux stations de radio allemandes, en coopération avec l’université de Leipzig. Elle montre que si les Allemands ayant grandi en ex-RDA sont encore largement sous-représentés à la tête des grandes entreprises et en politique, la situation des femmes est meilleure que celle des hommes.

Trente ans après la chute du mur de Berlin, les Allemands de l’Est sont sous-représentés aux postes à responsabilités dans les entreprises ou la politique
Trente ans après la chute du mur de Berlin, les Allemands de l’Est sont sous-représentés aux postes à responsabilités dans les entreprises ou la politique. Mais les femmes est-allemandes tirent beaucoup mieux leur épingle du jeu que les hommes… et que les femmes de l’Ouest, selon une étude© dpa-Zentralbild

Les auteurs ont passé au peigne fin les étages supérieurs des cent plus grandes entreprises allemandes, à l’est et à l’ouest, ainsi que la composition des gouvernements et des parlements à tous les échelons. Ils montrent qu’à l’exception de la chancelière, la proportion d’Allemands de l’est parmi les cadres économiques et politiques de la République fédérale reste faible, bien que trente ans se soient écoulés depuis la chute du mur de Berlin. Les 30 entreprises du DAX ne comptent ainsi que quatre personnes issues de l’Est (sur 193 membres) dans leurs directions, et le gouvernement allemand seulement deux membres ayant grandi en RDA (la chancelière et la ministre de la Famille, Franziska Giffey).

Un phénomène étonnant apparaît, néanmoins : les ex-« Ossis » qui réussissent sont à une écrasante majorité… des femmes ! Trois des quatre cadres dirigeants est-allemands des entreprises du DAX (soit 75 %) sont des femmes, de même que les deux membres du gouvernement allemand cités plus haut (soit 100 %).

Il ne s’agit pas d’une illusion d’optique car le phénomène se retrouve à d’autres niveaux. Par exemple, sur les 17 ministres fédéraux issus de l’Est qui ont gouverné depuis 1990, 12 étaient des femmes.

« Dans un grand nombre des secteurs étudiés, les femmes représentent déjà plus de 50 % des ex-Allemands de l’est occupant des postes de direction », constatent les auteurs. Qui ajoutent : « Plus la position hiérarchique occupée par un ex-Allemand de l’est est élevée, plus il y a de chances qu’elle le soit par une femme ».

En outre, ces ex-Allemandes de l’est irréductibles au plafond de verre ne se contentent pas de mieux tirer leur épingle du jeu que les hommes. Elles font aussi beaucoup mieux que leurs voisines de l’Ouest. Elles occupent ainsi 9 % des postes de directions dans les cent premières entreprises est-allemandes, alors que leurs collègues de l’ouest ne représentent que 2 % de la hiérarchie des cent premières entreprises ouest-allemandes.

A.L.

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