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Socialiser le parc locatif pour lutter contre la crise du logement ?

Comment résoudre la crise du logement qui fait grimper les loyers berlinois ?

Comment résoudre la crise du logement qui fait grimper les loyers berlinois ?, © dpa/pa

23.01.2019 - Article

Face aux loyers qui grimpent en flèche, le Sénat de Berlin envisage de racheter d’anciens appartements municipaux pour les louer à des prix abordables. Mais un collectif propose une solution bien plus radicale, et controversée.

10,15 € au mètre carré. Parisien, Niçois ou Bordelais, cela vous paraît être un loyer très convenable, pour ne pas dire une bonne affaire. À Berlin, c’est une tout autre histoire. Depuis quelques années, la capitale allemande voit ses loyers grimper en flèche. Et elle commence à s’en inquiéter au point de voir fleurir des solutions parfois controversées.

La dernière idée en date provient d’un collectif qui entend soumettre sa proposition à un référendum local au mois d’avril. Il s’agirait de socialiser les logements appartenant à des groupes immobiliers détenteurs d’au moins 3000 logements (dont le géant Deutsche Wohnen, qui est coté en bourse). Ce qui revient à une «  expropriation  », selon la presse.

«  Nous voulons dire stop au capital spéculatif  », explique l’un des initiateurs du référendum, Rouzbeh Taheri. «  Il n’est pas possible que les grands groupes ne cessent d’accroître leur influence et de faire grimper les loyers. L’État doit veiller à ce qu’il y ait suffisamment de surface habitable. Le droit d’habiter est un droit humain  ».

Certains prônent le rachat d’appartements, voire la socialisation du parc détenu par les grands groupes immobiliers. D’autres jugent que seule la construction massive de nouveaux logements peut résoudre le problème des loyers trop chers.
Certains prônent le rachat d’appartements, voire la socialisation du parc détenu par les grands groupes immobiliers. D’autres jugent que seule la construction massive de nouveaux logements peut résoudre le problème des loyers trop chers.© dpa/pa

Les auteurs de l’initiative s’appuient notamment sur l’article 15 de la Loi fondamentale («  Le sol et les terres, les ressources et les moyens de production peuvent être placés, aux fins de socialisation, sous un régime de propriété collective ou d’autres formes de gestion collective par une loi qui fixe le mode et la mesure de l’indemnisation.  »)

Mais la proposition provoque un tollé. Certains jugent Berlin mal placée pour faire resurgir les spectres du nazisme et du communisme. La CDU berlinoise est plus que sceptique, de même que le patronat. La proposition trouve, en revanche, un écho plutôt favorable à gauche. Die Linke, qui gouverne le land de Berlin en coalition avec le Parti-social-démocrate (SPD) et les Verts, lui a publiquement apporté son soutien. Et les Verts ne la verraient pas d’un mauvais œil non plus.

De leur côté, les membres de la majorité berlinoise ont lancé un vaste programme de construction pour remédier à la crise du logement. 30 000 logements sociaux doivent sortir de terre d’ici 2021. Mais les choses avancent lentement, et ils réfléchissent déjà, eux aussi, à des pistes complémentaires. Ils envisagent notamment de racheter 50 000 logements privatisés en 2004 pour les louer à des loyers abordables.

Berlin est l’une des villes allemandes où le prix de l’immobilier a le plus augmenté ces dernières années. Elle gagne des habitants, mais attire aussi de plus en plus d’investisseurs étrangers. Or, si les prix n’atteignent pas encore les niveaux rencontrés à Munich, Hambourg ou Stuttgart, les Berlinois ont un niveau de revenu moyen bien inférieur à ceux de ces métropoles.

Selon la presse berlinoise, même un salarié bien rémunéré peine aujourd’hui à trouver un logement abordable dans les quartiers les plus prisés comme Mitte, Prenzlauer Berg et Friedrichshain.  Et il n’est plus rare de voir jusqu’à 600 candidats se presser pour visiter le moindre appartement à loyer raisonnable.

A.L.

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