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Le sang de la Révolution

Les communistes Rosa Luxemburg (1871-1919) et Karl Liebknecht (1871-1919), figures de la révolution de novembre 1918, ont été tués le 15 janvier 1919 par les Corps Francs

Les communistes Rosa Luxemburg (1871-1919) et Karl Liebknecht (1871-1919), figures de la révolution de novembre 1918, ont été tués le 15 janvier 1919 par les Corps Francs, © dpa

16.01.2019 - Article

Il y a 100 ans, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, symboles de la Révolution de novembre 1918 et co-fondateurs du Parti communiste allemand, étaient assassinés à Berlin.

Elle était une théoricienne perspicace dans la lignée du marxisme et une militante passionnée en faveur de la paix, des femmes et de la justice sociale. Il était le fils de l’un des fondateurs du SPD et l’un des députés sociaux-démocrates du Bundestag élu en 1912. Le 15 janvier 1919, il y a tout juste cent ans, Rosa Luxemburg (1871-1919) et Karl Liebknecht (1871-1919) devenaient les icônes de la Révolution de novembre 1918 en Allemagne en mourant assassinés par les Corps Francs à Berlin.

Les deux leaders avaient fondé ensemble la Ligue spartakiste (en souvenir de Spartacus, l’esclave-gladiateur devenu chef des révoltés dans la Rome du Ier siècle avt. J.C.), la branche la plus radicale de la Révolution de 1918. Le 9 novembre, Karl Liebknecht était passé à la postérité en proclamant la République quelques heures après le social-démocrate Philipp Scheidemann.

Partisans d’une « république  socialiste », c’est-à-dire d’une République des  Conseils sur le modèle soviétique, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht étaient issus du SPD, mais ils s’opposaient aux sociaux-démocrates modérés qui venaient d’arriver au pouvoir à la chute de l‘Empire. C’est la raison pour laquelle ils fondèrent ensemble, le 1er janvier 1919, le Parti communiste d’Allemagne, le KPD.

Face à cette agitation révolutionnaire, le chancelier social-démocrate Ebert était soucieux de poser des bases solides à la jeune démocratie allemande, et d’éviter à tout prix que la situation ne glisse dans le chaos. Ainsi, lorsque, le 5 janvier, la gauche radicale et les dissidents du SPD prirent les armes et s’emparèrent d’un quartier de Berlin, il accepta le recours à la force proposé par son délégué à l’Armée Gustav Noske. Il laissa les soldats très à droite des Corps Francs marcher sur la ville pour écraser le putsch. Les troupes marchèrent sur les barricades. Les morts se comptaient par dizaines et les leaders de la révolte étaient devenus du gibier pour les Corps Francs. C’est ainsi que Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht furent arrêtés, le même jour, avant d’être tués puis de voir leurs cadavres jetés dans un canal de Berlin.

L’événement - et le fait qu’un social-démocrate, Gustav Noske, ait assumé la répression du putsch - laissera des traces profondes dans les mémoires. Dans les années suivantes, sociaux-démocrates (SPD) et communistes du KPD ne cesseront de se combattre, contribuant à l’affaiblissement de la République de Weimar et à l’avènement du nazisme. Leurs dissensions se poursuivront jusqu’à nos jours.

Le mémorial situé à l’endroit où les cadavres de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht furent jetés dans le canal de Berlin a été fleuri à l’occasion du centenaire de leur mort
Le mémorial situé à l’endroit où les cadavres de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht furent jetés dans le canal de Berlin a été fleuri à l’occasion du centenaire de leur mort© dpa

Quant à l’anniversaire du double assassinat du 15 janvier 1919, il donne lieu depuis un siècle à des rassemblements et à des commémorations à Berlin à l’appel de mouvement de gauche. Plusieurs milliers de personnes y ont encore assisté dimanche dernier au cimetière central de Friedrichsfelde. D’autres commémorations du centenaire doivent également se tenir tout au long de la semaine.

A.L.

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