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100 ans après le droit de vote des femmes, le défi de la parité

Au musée historique de Francfort, l’exposition „Damenwahl!“ revient sur l’histoire du droit de vote des femmes jusqu’au 20 janvier 2019

Au musée historique de Francfort, l’exposition „Damenwahl!“ revient sur l’histoire du droit de vote des femmes jusqu’au 20 janvier 2019. Elle présente les grandes figures du mouvement féministe telle que la fondatrice de l’Assistance sociale du monde ouvrier (AWO), Marie Juchacz (photo), © dpa

15.11.2018 - Article

L’Allemagne a célébré cette semaine le centenaire du droit de vote des femmes. Avec moins d’un tiers de femmes au Bundestag, la parité reste un défi. Un certain nombre de responsables allemandes voient dans la loi française un modèle.

Il y a cent ans, l’Allemagne devenait une démocratie. Le 12 novembre 1918, l’une des premières mesures du gouvernement issu de la révolution, le Conseil des commissaires du peuple, fut de proclamer l’instauration du suffrage universel pour tous, hommes et femmes, de plus de 20 ans. La mesure fut confirmée par un décret le 30 novembre et inscrite à l’article 109, §2 de la Constitution de la République de Weimar en 1919. C’était l’aboutissement de 70 ans de combat féministe. L’Allemagne devenait, avec Finlande, la Norvège et le Danemark, l’un des pays les plus progressistes du monde en matière de droit des femmes. Où en est-on un siècle plus tard ?

Un siècle d’avancées

Les progrès sont visibles, indéniables. L’Allemagne est dirigée depuis 13 ans par une chancelière. Son gouvernement compte sept femmes (pour neuf hommes). Le Bundestag est composé de près d’un tiers de femmes (30,9 %) contre 8,7 % en 1919. Le nombre de députées a connu une forte augmentation dans les années 1980 et 1990 lorsque les partis politiques allemands ont adopté (non sans résistance) des quotas internes, contraignants (Verts, SPD et par la suite Die Linke) ou non (CDU/CSU). Enfin, les parlements régionaux comptent entre 24,5 % et 40,6 % de femmes, selon l'Agence fédérale pour l´Éducation civique.

Le centenaire du droit de vote des femmes en Allemagne célébré cette semaine au Musée historique allemand (DHM) à Berlin. Aujourd’hui, „l’objectif doit être la parité“, a déclaré la chancelière Angela Merkel
Le centenaire du droit de vote des femmes en Allemagne célébré cette semaine au Musée historique allemand (DHM) à Berlin. Aujourd’hui, „l’objectif doit être la parité“, a déclaré la chancelière Angela Merkel© dpa

Mais est-ce suffisant ? La première chancelière de l’histoire allemande a un avis tranché sur la question. Il y a eu beaucoup de progrès, a-t-elle dit cette semaine lors d’un débat au Musée historique allemand, mais « il reste beaucoup à faire ». Angela Merkel a énuméré les problèmes : les inégalités des rémunérations, et surtout la sous-représentation des femmes aux postes de direction, que ce soit en politique, à la tête des entreprises ou dans la recherche. « Chaque femme doit pouvoir suivre son propre chemin », a-t-elle dit. « L’objectif doit être la parité. La parité partout ».

La parité reste un horizon lointain

Or, on en est encore loin. Avec 30,9 % (depuis 2017), un chiffre inférieur à celui d’autres pays européens comme la France (38,8 %) et en net recul par rapport à la précédente législature (36,5 %), la proportion de députées au Bundestag est « la même que celle du parlement du Soudan », a souligné la chancelière. Le fait que l’Allemagne soit dirigée par une femme doit s’accompagner d’un mouvement plus large, estime-t-elle. « Une hirondelle ne fait pas le printemps. Je ne dois pas devenir un alibi ».

Comme elle, plusieurs ministres et responsables politiques ont profité du centenaire du droit de vote des femmes pour appeler à un sursaut vers la parité. C’est le cas de Katarina Barley. La ministre allemande de la Justice prône une réforme du droit électoral. Avec un modèle : la France. À ses yeux, la réforme allemande pourrait s’inspirer de la loi française sur la parité avec des sanctions (financières ou non) pour les partis qui ne respectent pas la règle. Une autre possibilité, ajoute-t-elle, pourrait être de créer des circonscriptions électorales élargies ayant chacune deux députés pour les représenter, une femme et un homme.

Le débat ne fait que commencer. Et il ne se cantonne pas à la parité en politique. « Il reste également un long chemin à parcourir » pour parvenir à une « représentation raisonnable » des femmes parmi les cadres dirigeants des entreprises, a souligné Angela Merkel.

A.L.

Plus d’informations :

Office de presse et d'information du gouvernement fédéral (en allemand)

Dossier de l'Agence fédérale pour l´Éducation civique (en allemand)

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