Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

« L’intégration est un chemin qui nous mène les uns vers les autres »

Réfugiés tentant de traverser la Méditerranée. Le long chemin parcouru avant d’arriver en Europe laisse des traces. Le projet « Construire des ponts –  rencontrer la diversité »  aide les réfugiés à se reconstruire afin qu’ils puissent s’ouvrir à la société qui les accueille et y trouver leur place

Réfugiés tentant de traverser la Méditerranée. Le long chemin parcouru avant d’arriver en Europe laisse des traces. Le projet « Construire des ponts –  rencontrer la diversité »  aide les réfugiés à se reconstruire afin qu’ils puissent s’ouvrir à la société qui les accueille et y trouver leur place, © Pacific Press via ZUMA Wire

30.10.2018 - Article

La chancelière Angela Merkel a décerné hier le Prix national de l’intégration au projet « Construire des ponts » dont les acteurs apportent un soutien psychologique aux réfugiées.

La chancelière Angela Merkel a remis hier le Prix national de l‘intégration au projet « Construire des ponts – rencontrer la diversité ». Ses bénévoles offrent un soutien psychologique aux réfugiés à leur arrivée en Allemagne
La chancelière Angela Merkel a remis hier le Prix national de l‘intégration au projet « Construire des ponts – rencontrer la diversité ». Ses bénévoles offrent un soutien psychologique aux réfugiés à leur arrivée en Allemagne© Gouvernement fédéral/Plambeck
On ne les attendait pas forcément là. Tharir et Nadim Ghanayem, 32 et 36 ans, sont Israéliens tous les deux. Elle est travailleuse sociale. Il est psychologue et spécialiste des traumatismes. Depuis quelques mois, ils travaillent dans un foyer d’hébergement collectif de Francfort pour apporter une aide et un soutien psychologiques aux réfugiés qui arrivent en Allemagne. Le projet vient de recevoir le Prix national de l’intégration.

Baptisé « Construire des ponts – rencontrer la diversité »,  il a été lancé au début de l’année par le Centre de bienfaisance des juifs d'Allemagne. Il est financé par la déléguée du gouvernement fédéral à la migration, aux réfugiés et à l’intégration, et s’appuie sur le personnel d’une association, IsraAID. Tharir et Nadim Ghanayem en font partie. Pourquoi une association israélienne ? Parce que Tharir et Nadim parlent arabe, la langue de la plupart des réfugiés.

Une thérapie et une école de tolérance

C’est l’une des originalités de l’initiative. Elle ne se contente pas de rapprocher les réfugiés et la société d’accueil. Elle rapproche les peuples et les religions dans un esprit de tolérance. « Nous sommes Israéliens », raconte Nadim. « Le conflit au Proche Orient pèse sur les relations entre Arabes et Israéliens ». Mais cela fait partie de la thérapie. « Nous voulons motiver ces gens qui arrivent dans un pays nouveau à s’ouvrir à une nouvelle culture et à un nouvel environnement. L’ouverture à notre égard est un premier pas. »

Le chemin, on s’en doute, est long. Le quotidien est fait de souvenirs traumatiques qui remontent à la surface de manière explosive, emplis de douleurs et de peur. Tharir et Nadim les abordent en experts. Ils offrent aux réfugiées (ce sont souvent des femmes victimes de violences) des espaces de parole, individuels et collectifs. Avec elles, ils évoquent leurs peurs. Ils leur apprennent à maîtriser les émotions qu’elles suscitent en eux. Beaucoup de femmes, par exemple, ont davantage peur de subir un abus sexuel que de mourir, raconte Nadim. « C’est une peur très répandue. Car pendant la guerre ou sur le chemin de l’exode, nombreuses sont celles qui ont été abusées ou qui ont entendu parler de cas d’abus ».

Mais il n’y a pas que le chemin de l’exil, aussi traumatique qu’il ait pu être. Il y a aussi la séparation. Et l’inquiétude pour ceux qui sont restés. À Francfort, il y a parmi les « patients » de Nadim Ghanayem une Irakienne de 37 ans, Rana Qader. Elle participe à une séance de thérapie avec d’autres femmes. Ensemble, elles doivent percer des ballons avec une aiguille. À chaque explosion, Rana a le cœur qui bat la chamade. « À chaque fois, je pense à mon frère et à mes deux sœurs », dit-elle. « Ils sont encore en Irak, et les troupes de Daech se rapprochent ». Rien de grave, pourtant. Seulement un ballon qui éclate. À chaque explosion, les participantes apprennent à relativiser leurs peurs.

S’ouvrir à la société d’accueil

Enfin, il y a la peur de l’inconnu. Elle est compréhensible chez des êtres qui se sentent livrés à eux-mêmes dans un pays inconnu dont ni la langue, ni les valeurs ne leur sont familières. C’est aussi l’un des rôles du projet « Construire des ponts » de désamorcer ces peurs-là, et de contribuer à ouvrir les arrivants à la société d’accueil pour les préparer à s’intégrer. « Même si vous vous sentez impuissants et sans ressources, vous avez déjà réussi quelque chose : vous enfuir  », les encourage Tharir.

Le projet a déjà aidé plus de 6 000 réfugiés dans dix centres d’hébergement de Berlin et de Francfort. Il a reçu lundi le Prix national de l’intégration des mains d’Angela Merkel. La chancelière a réaffirmé sa conviction : « l’intégration, c’est un chemin qui nous mène les uns vers les autres ».

A.L.

 

Plus d’informations :

Association IsraAID Germany (en allemand)

Centre de bienfaisance des juifs d'Allemagne (en allemand)

Gouvernement fédéral - article sur le projet « Construire des ponts » (en allemand)

Office de presse et d'information du gouvernement fédéral (en allemand)

Site web de la déléguée du gouvernement fédéral pour la migration, les réfugiés et l'intégration, Annette Widmann-Mauz (en allemand)

Retour en haut de page