Willkommen auf den Seiten des Auswärtigen Amts

Assassinats racistes : la peine maximale prononcée

1-	Le tribunal régional supérieur de Munich a condamné mercredi Beate Zschäpe à la prison à perpétuité. Elle a été reconnue coupable de complicité dans la série de meurtres racistes commis dans les années 2000 par le groupuscule néonazi NSU

Le tribunal régional supérieur de Munich a condamné mercredi Beate Zschäpe à la prison à perpétuité. Elle a été reconnue coupable de complicité dans la série de meurtres racistes commis dans les années 2000 par le groupuscule néonazi NSU, © dpa-Pool

12.07.2018 - Article

Beate Zschäpe a été condamnée ce mercredi à la prison à perpétuité pour complicité dans une série d’assassinats racistes perpétrés dans les années 2000 par un groupuscule néonazi, la NSU. L’affaire avait profondément choqué l’opinion.

Elle sera restée une énigme jusqu’au bout. Quasi-mutique durant les cinq années qu’a duré son procès, Beate Zschäpe, 43 ans, a été condamnée ce mercredi à la prison à perpétuité par le tribunal régional supérieur de Munich. Le juge, Manfred Götzl, a reconnu sa culpabilité dans une série de meurtres et de tentatives d’assassinat racistes perpétrés par le groupuscule néonazi NSU (Clandestinité national-socialiste) entre 2000 et 2007. Il a souligné la « particulière gravité de la faute ».

Un choc pour l’opinion

Il s’agit de l’une des affaires qui ont le plus choqué l’opinion allemande depuis longtemps. Elle remonte à 2011. Après le suicide d’Uwe Böhnhardt et d’Uwe Mundlos, avec qui elle formait le trio néonazi NSU depuis les années 1990, B. Zschäpe s’était rendue à la police. Les Allemands avaient alors découvert horrifiés que le trio, passé à la clandestinité en 1998, avait commis une série d’assassinats racistes pendant plusieurs années sans jamais être inquiété. Le bilan était lourd : neuf Turcs ou personnes d’origine turque et une policière assassinés, deux attentats contre des communautés étrangères et une quinzaine de braquages.

Comment cela avait-il été possible ? Pourquoi les policiers, qui surveillaient la NSU, ne l’avaient-ils pas inquiétée jusque-là ? Dans quelle mesure Beate Zschäpe, qui prétendait n’avoir pas participé aux assassinats, était-elle complice ? Plus de cinq ans de procès, 430 journées d’audience, 800 témoins, 25 expertises techniques et 26 expertises psychologiques, sans compter plusieurs commissions d’enquête parlementaires au niveau fédéral et régional auront été nécessaires pour tenter de répondre.

Procès-fleuve

Finalement, Beate Zschäpe a été reconnue coupable de tous les chefs d’accusation portés contre elle, conformément au réquisitoire du procureur qui avait estimé qu’elle « savait tout, avait tout endossé et y avait participé à sa manière ». Des peines de prisons plus légères ont été prononcées à l’encontre de trois de ses co-accusés. Quant aux enquêtes parlementaires, elles ont mis le doigt sur des dysfonctionnements à l’origine de la découverte tardive de l’affaire.

« Pas un point final » à l’affaire

Abdulkerim Simsek, fils d‘Enver Simsek, l’une des victimes de la NSU, et son avocate. Après plus de cinq ans de procédure et 430 jours d’audience, le tribunal régional supérieur de Munich a rendu son jugement aujourd’hui.
Abdulkerim Simsek, fils d‘Enver Simsek, l’une des victimes de la NSU, et son avocate. Après plus de cinq ans de procédure et 430 jours d’audience, le tribunal régional supérieur de Munich a rendu son jugement aujourd’hui. Cette affaire a profondément choqué l’Allemagne© dpa

Le verdict rendu, les proches de victimes ont exprimé leur satisfaction, estimant qu’une « étape importante » avait été franchie. Mais l’affaire ne sera pas classée immédiatement.

En effet, Beate Zschäpe a fait savoir qu’elle allait faire appel. Et surtout, beaucoup de responsables politiques et d’associations de tous bords demandent que les investigations se poursuivent. De nombreuses questions restent, en effet, sans réponse. Le trio de la NSU est notamment soupçonné de longue date de n’avoir pas pu réaliser ses projets meurtriers sans avoir disposé de complices.

Pour le ministre de l’Intérieur, de la Construction et du Territoire, Horst Seehofer, la conclusion de ce procès-fleuve ne constitue ainsi « un point final » ni pour la société, ni pour les autorités de sécurité. « Les crimes examinés lors de la procédure judiciaire doivent nous servir d’enseignement et de mission afin que nous consacrions tous les moyens nécessaires, préventifs comme répressifs, pour combattre avec détermination l’extrémisme de droite en Allemagne. »

« Rien ne peut réparer ce que les auteurs de ces crimes ont fait », a ajouté le ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas. « Les victimes ne seront pas oubliées ».

Un indice que les Allemands n’oublieront pas est que l’affaire a déjà trouvé un écho dans le cinéma. Le réalisateur Fatih Akin s’en est directement inspiré pour son dernier film, In the fade (2017).

A.L.

Plus d’informations :

Jugement prononcé par le tribunal supérieur régional de Munich (en allemand)

Retour en haut de page