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Un creux, pas une récession

La croissance ne repartira qu’en 2020 au plus tôt, estiment les Cinq Sages. Mais il ne s’agit pas d’une « récession »

La croissance ne repartira qu’en 2020 au plus tôt, estiment les Cinq Sages. Mais il ne s’agit pas d’une « récession », © blickwinkel

07.11.2019 - Article

Le « Conseil des Cinq Sages » observe un ralentissement persistant de la conjoncture. Il ne nécessite pas, selon lui, l’adoption d’un programme de relance.

La phase de croissance s’est achevée. Mais il ne faut pas s’attendre pour le moment à une récession profonde à grande échelle. Ce moindre dynamisme devrait se poursuivre au moins jusque dans le courant de l’année 2020.

Tel est le diagnostic des « Cinq Sages » qui conseillent le gouvernement allemand en matière de politique économique. Ils ont remis leur rapport annuel à la chancelière Angela Merkel hier, à Berlin.

« Accroître le potentiel de croissance de l’économie »

La chancelière Angela Merkel et ses ministres ont reçu le Rapport annuel du « Conseil des Cinq Sages » hier à Berlin
La chancelière Angela Merkel et ses ministres ont reçu le Rapport annuel du « Conseil des Cinq Sages » hier à Berlin© dpa

Les cinq experts tablent sur une croissance de 0,5 % en 2019 et de 0,9 % en 2020. Leurs prévisions sont proches de celles du gouvernement (0,5 % en 2019, 1 % en 2020).

Dans ces conditions, ils ne jugent « pas indiqué d’adopter un programme de relance de la conjoncture ». Mais ils appellent Angela Merkel et ses ministres à prendre des mesures pour stimuler l’investissement privé et « accroître le potentiel de croissance de l’économie ».

Il n’est « pas nécessaire de réinventer la politique industrielle allemande » et européenne, détaillent-ils. Il convient plutôt de l’approfondir. À leurs yeux, la bonne stratégie doit consister à lever les barrières à la création d’entreprise et à l’entrée de nouveaux concurrents sur le marché, à améliorer les infrastructures numériques, à accélérer la formation des salariés au numérique, à stimuler l’innovation et à ouvrir davantage le marché du travail aux femmes et aux séniors.

Au niveau européen, ils plaident pour l’approfondissement du marché unique, pour la mise en place d’une union bancaire et des marchés de capitaux et pour la fixation d’un prix unique du CO2 à l’horizon 2030. En revanche, ils regrettent une politique de la Banque centrale européenne (BCE) à leurs yeux trop accommodante. Ce choix présente des risques pour la stabilité, notamment sur le marché immobilier, arguent-ils.

Charnière

Le rapport, intitulé « Maîtriser la transformation structurelle », décrit l’économie allemande comme vivant une période charnière. Une longue phase de croissance s’est achevée et une décennie pleine de défis (climat, numérique, etc.) et de transformations est sur le point de s’ouvrir.

Toutefois, s’ils s’accordent sur le diagnostic, les cinq experts sont moins unanimes sur le financement des mesures à prendre. La majorité plaide pour « laisser jouer les stabilisateurs automatiques » face au ralentissement. Elle souligne que « le frein à l’endettement [principe inscrit dans la Constitution qui vise à garantir l’équilibre des comptes publics] laisse des marges de manœuvre pour accroître les investissements publics ». Deux des cinq membres du Conseil craignent néanmoins que ce dispositif ne constitue, en l’état, un « frein » à la relance de l’économie.

A.L.

Plus d’informations :

Le rapport du « Conseil des Sages » (résumé, version intégrale, graphiques en anglais et allemand)
Office de presse et d'information du gouvernement allemand (en allemand)

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