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À Francfort, l’automobile en quête d’un itinéraire vers demain

La chancelière Angela Merkel a inauguré ce matin le 68e Salon international de l’automobile de Francfort/M.

La chancelière Angela Merkel a inauguré ce matin le 68e Salon international de l’automobile de Francfort/M. En pleine mutation de l’industrie automobile, elle a appelé de ses vœux le développement des infrastructures de rechargement des véhicules électriques et souhaité que l’État et l’industrie coopèrent pour réussir ce défi « herculéen », © dpa

12.09.2019 - Article

La chancelière Angela Merkel a inauguré ce matin le 68e Salon international de l’automobile (IAA) de Francfort/M. dans un contexte rendu incertain par les enjeux liés à la mobilité de demain.

Où va l’automobile ? La question tracasse plus d’un constructeur et plus d’un sous-traitant à l’heure où se conjuguent la crise climatique et la révolution numérique. Elle circule aussi en bruit de fond au 68e Salon international de l’automobile (IAA) qui a ouvert ses portes aujourd’hui à Francfort-sur-le-Main. Plus que jamais, le premier salon automobile d’Europe est la vitrine du secteur. De sa capacité d’innovation comme de ses interrogations.

Sur le versant de l’innovation, le développement de la voiture électrique semble avoir fait un bond par rapport à la dernière édition. C’est que la chancelière Angela Merkel a noté lors de sa visite en ouverture du salon : « Nous ne sommes pas à la veille d’un bouleversement, nous y sommes déjà. À la différence de ce que l’on voyait il y a deux ans, on trouve [à Francfort] beaucoup de véhicules électriques dotés d’une grande autonomie, proposés à des prix qui diffèrent peu de ceux des anciens moteurs à combustion et qui sont commercialisables. »

Nouveaux modèles de véhicules du constructeur allemand Volkswagen présentés au Salon international de l’automobile de Francfort/M. (du 12 au 22 septembre)
Nouveaux modèles de véhicules du constructeur allemand Volkswagen présentés au Salon international de l’automobile de Francfort/M. (du 12 au 22 septembre)© Sputnik

Les constructeurs mettent, en effet, les bouchées doubles. Ils investissent des milliards dans la voiture propre de demain. Parmi les 800 exposants du salon, presque tous sont d’ailleurs venus avec des modèles électriques. Volkswagen a présenté son nouveau « bébé » électrique, baptisé ID3. Daimler, quant à lui, propose déjà des camions et des bus propres.

En réalité, ils sont sous pression et n’ont pas vraiment le choix. Le secteur est confronté à une chute des ventes et aux critiques acerbes des défenseurs de l’environnement, qui ont annoncé de grandes manifestations en marge de l’IAA.

« Le débat public donne actuellement l’impression que la voiture n’est qu’un gigantesque amas de risques dont la gravité se situerait entre le virus Ebola et les missiles nord-coréens », se plaint dans le quotidien « Handelsblatt » Bernd Osterloh, président du conseil d’entreprise de Volkswagen. « Certaines personnes semblent même réduire l’automobile à une technologie dépassée promue par des gens vivant dans le passé ».

Les controverses sur les fraudes et les dépassements des normes anti-pollution dans les villes allemandes sont passées par là. Toutefois, les constructeurs allemands, s’ils reconnaissent leurs erreurs passées, n’entendent pas laisser le débat sur la fin du moteur à combustion dériver vers une mise à mort, vers un bannissement de l’automobile au profit des transports en commun. Les conseils d’entreprises de Daimler, Volkswagen et BMW réfléchiraient même à une offensive commune, révèle le « Handelsblatt ». L’objectif : défendre leurs efforts dans le domaine de la voiture électrique, l’avenir du secteur automobile et, bien sûr, ses centaines de milliers d’emplois.

Les constructeurs le savent, cependant : miser sur la voiture électrique reste un pari incertain tant demain paraît flou. « C’est un bouleversement comme on n’en a sûrement pas connu depuis l’invention de l’automobile », a dit Angela Merkel.

Comment réagira, en effet, l’homme de la rue ? « La confiance doit encore grandir chez les consommateurs »,  a souligné Angela Merkel. L’État, a-t-elle annoncé, est donc prêt à apporter son soutien aux constructeurs en accélérant le développement des infrastructures de rechargement des batteries. La coopération entre les pouvoirs et l’industrie est nécessaire face à un défi « herculéen », a-t-elle souligné. A fortiori dans un « secteur tout à fait essentiel pour le succès économique de notre pays » qui emploie des centaines de milliers de salariés.

A.L.

Plus d’informations :

Site du Salon international de l'automobile de Francfort/M. (12 au 22 septembre) (en anglais et allemand)
Déclaration de la chancelière Angela Merkel lors de l'inauguration du salon (en allemand)

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