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L’Allemagne crée un label officiel pour promouvoir les vêtements éthiques

Un atelier moderne de confection de vêtements pour enfants à Addis Abeba (Éthiopie). Un T-shirt vendu dans les magasins européens a fait un voyage de 18 000 km en moyenne

Un atelier moderne de confection de vêtements pour enfants à Addis Abeba (Éthiopie). Un T-shirt vendu dans les magasins européens a fait un voyage de 18 000 km en moyenne, © dpa

09.09.2019 - Article

Chic… mais éthique ! Six ans après l’effondrement tragique d’un atelier à Dhaka (Bangladesh), le 24 avril 2013, le gouvernement allemand lance le label « Bouton vert » (Grüner Knopf) pour promouvoir une mode respectueuse de l’humain et de l’environnement.

1 136 morts et 2 500 blessés. Six ans après, l’effondrement de l’atelier Rana Plaza à Dhaka (Bangladesh) hante encore les esprits. Il a révélé crûment les conditions – sociales, de sécurité, environnementales – dans lesquelles sont fabriqués nos vêtements toujours moins chers. Mais comment lutter quand un T-shirt parcourt 18 000 km en moyenne pour arriver dans nos magasins ? Quand la majorité de 75 millions d’ouvriers textiles se trouvent à l’autre extrémité de la chaîne logistique ? Le gouvernement allemand mise sur l’engagement des marques. Il lance aujourd’hui un label officiel pour promouvoir les « textiles équitables » : le « Bouton vert » (Grüner Knopf).

« Bouton vert » (Grüner Knopf)

Le ministre allemand de la Coopération économique et du Développement, Gerd Müller, a présenté ce matin le nouveau label officiel « Bouton vert » garantissant le respect de normes écologiques et sociales pour les textiles
Le ministre allemand de la Coopération économique et du Développement, Gerd Müller, a présenté ce matin le nouveau label officiel « Bouton vert » garantissant le respect de normes écologiques et sociales pour les textiles© ZB

Les vêtements estampillés « Grüner Knopf » seront le pendant textile des aliments certifiés « commerce équitable ». Cousu ou accroché au produit, le label indiquera qu’il respecte 26 normes sociales et environnementales. « La mondialisation a commencé au XIXe siècle avec l’industrie textile. C’est par l’industrie textile que doit s’amorcer la mondialisation équitable », a souligné l’artisan du projet, le ministre de la Coopération économique et du Développement, Gerd Müller.

27 entreprises, de la start-up au géant mondial (Aldi, Lidl, Tchibo, Hugo Boss, etc.), sont parties prenantes de l’initiative dès son lancement. Vingt-six autres sont en phase de test et s’apprêtent à les rejoindre. À côté des industriels de la confection, on trouve des fabricants de couvertures, de sacs, de matelas, de parapluies ou de tapis.

Tous doivent respecter des normes élevées en matière sociale : interdiction du travail des enfants, du travail forcé et des discriminations, mais aussi salaire minimum, heures supplémentaires payées, respect de normes en matière de santé et de sécurité. Finis les journées de 16 heures, les salaires de misère et l’absence de normes sanitaires, espèrent-ils.

Finies aussi les 2,5 tonnes de produits chimiques déversées chaque jour par les usines de teinture dans des rivières. Il suffit d’observer la couleur des eaux pour connaître la tendance vestimentaire de la saison à venir, s’alarme M. Müller. Le phénomène est responsable d’un cinquième de la pollution des eaux dans le monde. Le « Grüner Knopf » impose donc des normes drastiques : pas d’agents adoucissants ou autres produits chimiques, exigences élevées en matière de rejet des eaux usées, etc.

Un label évolutif

L’initiative est dans l’air du temps. « Les trois quarts des consommateurs jugent important de porter des vêtements fabriqués dans des conditions équitables », souligne le ministre.

Cependant, « fallait-il un nouveau label ? », se demandent les industriels. « Suffit-il de miser sur la bonne volonté des marques ? », s’interrogent à l’inverse les associations de défense de l’environnement. Et « quid des effets sur l’environnement de la culture du coton et du tissage ? ».

Une chose est sûre : le lancement du « Grüner Knopf » n’est qu’une étape. Les critères pour l’obtenir vont continuer d’évoluer, a promis M. Müller. Par exemple, ils intègreront progressivement les activités de production de la matière première, en amont de la confection. Et ils se renforceront sur le plan social.

A.L.

Plus d’informations :

Ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement (en allemand)
Présentation du label « Grüner Knopf » (« Bouton vert ») : discours du ministre Gerd Müller (en allemand)
La contribution du gouvernement allemand à la promotion d'industrie textile équitable (mesures 2019 et bilan de l'action des années précédentes, brochure en allemand)

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