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Angela Merkel répond aux critiques du patronat allemand

Face aux critiques du patronat, Angela Merkel a rappelé qu’inspirer confiance dans l’économie sociale de marché était une responsabilité commune du gouvernement et des entreprises

Face aux critiques du patronat, Angela Merkel a rappelé qu’inspirer confiance dans l’économie sociale de marché était une responsabilité commune du gouvernement et des entreprises, particulièrement en ces temps de révolution technologique et de mondialisation, © dpa

06.06.2019 - Article

Tancée par les industriels, la chancelière leur a répondu sans ciller lors du congrès de l’industrie allemande en énumérant les dossiers résolus par son gouvernement. Inspirer confiance dans l’économie incombe aussi aux entreprises, a-t-elle ajouté.

À critique ouverte, réponse franche. À l’occasion du congrès de l’industrie allemande, la chancelière Angela Merkel a répondu mardi sans ambages aux doléances du président de la Fédération du patronat de l’industrie (BDI), Dieter Kempf, qui lui reprochait une politique économique trop timide en faveur des entreprises.

Tarif de l’électricité trop élevé, bureaucratie, lenteur du développement des infrastructures numériques et surtout fiscalité devenue trop lourde depuis les baisses d’impôts aux États-Unis : «  la politique gouvernementale nuit aux entreprises  », a attaqué le «  patron des patrons  ».

Le gouvernement met en avant «  l’application sans courage d’un agenda de mesurettes sociales et une dose malsaine de redistribution  », a-t-il ajouté. Dans un contexte marqué par une concurrence mondiale exacerbée et une conjoncture dégradée par les incertitudes liées au conflit commercial entre les États-Unis et la Chine, il a perdu «  une grande partie de la confiance placée en lui  ».

 

La confiance : une «  responsabilité commune  » face aux défis actuels

«  C’est un fait  », lui a rétorqué la chancelière, «  nous vivons une époque disruptive au sens large. La numérisation est synonyme de disruption pour la société dans son ensemble. Elle nous met tous au défi  ». Mais «  nous avons une responsabilité commune  », a-t-elle souligné.

 

En effet, pour que l’économie sociale de marché reste acceptée en cette période de mondialisation, «  la confiance dans le gouvernement est importante  », a-t-elle dit. «  Mais la confiance dans les entreprises l’est aussi  ». «  Je ne ferai pas  » le décompte «  des heures que j’ai passées à régler la crise de confiance dans l’industrie automobile et ses violations de réglementation  ».

Nombreuses mesures concrètes pour l’économie

Angela Merkel a, en revanche, fait la liste des mesures prises pour faire face aux défis du présent. Et elles sont nombreuses.

En un peu plus d’un an, son gouvernement a créé un crédit impôt-recherche pour les PME, a-t-elle rappelé. Il a conclu un pacte avec les länder pour généraliser l’Internet à haut débit dans les établissements scolaires, créé des agences pour promouvoir les innovations de rupture, décidé d’investir des milliards d’euros dans l’intelligence artificielle, ouvert la voie à une sortie du charbon d’ici à 2038 et plus récemment adopté une loi pour favoriser l’immigration de main-d’œuvre qualifiée, une revendication ancienne des entreprises.


Berlin a également joué un rôle actif pour favoriser la conclusion d’accords européens de libre-échange avec le Japon et Singapour. Le ministre de l’Économie, Peter Altmaier, a proposé une stratégie industrie pour défendre la compétitivité de l’Europe face à la nouvelle concurrence, notamment chinoise. Et des discussions vont bientôt s’ouvrir avec le secteur automobile pour définir une stratégie pour la mobilité de demain.

Last but not least, l’Allemagne est plus attractive que jamais pour les chercheurs et les investisseurs. Elle  est depuis l’an dernier l’un des seuls pays à consacrer 3 % de son produit intérieur brut (PIB) à la recherche et au développement, a souligné la chancelière.

                                

Quant à la pression fiscale, la concurrence née des baisses d’impôts massives aux États-Unis est toute récente, a-t-elle estimé. Et des baisses d’impôts similaires sont inenvisageables, a ajouté le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, car «  les périodes de baisses d’impôts massives sont toujours suivies de phase de hausses d’impôts massives  ». Même les États-Unis ne «  pourront pas se permettre durablement leur niveau élevé de déficit public ».

Défis énergétiques

Tous les problèmes ne sont pas réglés, a toutefois reconnu Angela Merkel. La transition énergétique, par exemple, reste un défi. Et l’action publique est parfois impuissante, par exemple lorsque le développement de l’éolien terrestre se voit entravé par des actions en justice au niveau local.

La chancelière n’en est pas moins décidée à faire avancer les choses pour que l’Allemagne respecte au plus vite ses objectifs climatiques. Une loi sur l’énergie est en préparation pour la fin de l’année. Et des décisions seront prises d’ici au mois de septembre pour accélérer la réduction des émissions de gaz carbonique dans les secteurs problématiques que sont les transports, l’agriculture ou encore le bâtiment.

Deux solutions sont en discussions, l’une incitative (l’extension à ces secteurs du système européens d’échange de permis d’émission de CO2), l’autre plus contraignante (taxe carbone). Angela Merkel a exprimé sa préférence pour la première. A ses yeux, la solution incitative permet un pilotage plus ciblé et comporte moins d’inconvénients collatéraux.

A.L.

Plus d’informations :

Le discours de la chancelière Angela Merkel au congrès de l'industrie allemande (en allemand)

Office de presse et d'information du gouvernement fédéral (en allemand)

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