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L’euro, 20 ans déjà…

Les billets en euros, apparu le 1er janvier 2002, trois ans après la création officielle de la monnaie unique.

Les billets en euros, apparu le 1er janvier 2002, trois ans après la création officielle de la monnaie unique., © Dpa/pa

09.01.2019 - Article

Le 1er janvier 1999, l’euro devenait la monnaie légale de onze pays européens. Trois ans plus tard, pièces et billets entraient dans les portemonnaies. L’euro devenait un symbole phare de l’unification européenne. Quel bilan, 20 ans plus tard ?

Comme toujours, il alimentera des débats pendant la campagne pour les élections européennes. Vivement controversé avant même de voir le jour, l’euro a toujours eu des partisans farouches et des opposants acharnés. La grande majorité des Européens le soutient, et de plus en plus au fil des années. 64 % y voyaient une bonne chose pour leur pays l’an dernier (59 % en France, 70 % en Allemagne et jusqu’à 80 % au Luxembourg), selon un sondage Eurobaromètre. Pourtant, l’euro n’a  pas été épargné par les crises. Vingt ans après sa création, il a survécu aux critiques. Et il affiche un bilan positif.

Son premier succès est politique : l’euro est un symbole fort d’unité. C’est «  un petit bout d’Europe entre les mains  », avait dit l’ancien président de la Commission européenne, Romano Prodi. Aujourd’hui, c’est la monnaie commune de plus de 340 millions d’Européens qui l’utilisent concrètement au jour le jour dans 19 pays. Plus besoin de changer de monnaie pour voyager. Les achats sur Internet se font dans une seule devise. La perception est identique hors de la zone euro : l’euro s’est depuis longtemps hissé au rang de 2e monnaie mondiale à côté du Dollar.

Unité, prospérité, stabilité

L’euro, une monnaie stable… plus stable que le deutschemark !
L’euro, une monnaie stable… plus stable que le deutschemark !© Dpa/pa

«  L’euro  », twittait récemment le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, «  a apporté la prospérité et la protection à nos citoyens. Il est devenu un symbole d’unité, de souveraineté et de stabilité  ». C’est le deuxième aspect, économique, de sa réussite. Depuis que l’euro existe, les entreprises ont considérablement gagné en sécurité et en stabilité. Elles n’ont plus à craindre les variations du cours des monnaies lorsqu’elles commercent avec d’autres pays de la zone euro. On a oublié jusqu’aux risques que cela représentait ! Or, pour une nation exportatrice comme l’Allemagne, par exemple, c’est un très grand bénéfice. Et pour l’ensemble de l’Eurozone, c’est un facteur de croissance, d’innovation, de prospérité et d’emploi.

À tout cela, il faut ajouter un point clé : l’euro protège le pouvoir d’achat des citoyens. Les idées reçues ont la vie dure, mais les chiffres sont sans ambiguïté : grâce à l’action de la Banque centrale européenne (BCE), créée en même temps que lui, l’euro est une monnaie extrêmement stable. Il perd moins vite de sa valeur… que le deutschemark ! Le taux d’inflation annuel dans la zone euro s’est élevé à 1,7 % en moyenne ces 20 dernières années. Il était de 2,8 % dans l’Allemagne du D-Mark entre 1948 et 1999.

La maturité vient avec l’âge… et les crises

Alors comment expliquer les nombreux débats et critiques que continue de soulever la monnaie unique ? On peut y voir de la nostalgie (environ un tiers des Allemands et un Français sur deux recompte encore en marks ou en francs pour les grosses sommes). Mais l’essentiel n’est pas là.

Politique autant qu’économique, le projet d’Union économique et monétaire (UEM) qui a donné naissance à l’euro possédait des défauts de construction. Ils se sont révélés au grand jour lors de la crise des dettes souveraines, dans le sillage de la crise monétaire de 2008. Ils ont contraint les gouvernants des 19 pays de la zone euro à entreprendre de nombreuses réformes pour renforcer l’édifice (création du Mécanisme de stabilité européen, du semestre européen, union bancaire, etc.). La crise « a été un événement dramatique, traumatisant, mais qui a forcé à une sorte de passage à la maturité  », explique Benoît Cœuré, membre du directoire de la BCE.

Le problème clé est que si la politique monétaire de la BCE assure la stabilité monétaire, la politique budgétaire des États membres de la zone euro peine à suivre. Certains pays ne respectent pas les critères de convergence fixés par le traité de Maastricht et le Pacte de stabilité. Ils réforment peu pour redresser leur compétitivité. Et l’euro, symbole d’unité, peut se muer en facteur de conflit. «  Une union monétaire sans union politique est impossible, avaient prévenu les opposants à la création de l’euro. Ce n’est pas impossible mais, les dernières années l’ont montré, c’est difficile  », résumait récemment le quotidien «  Stuttgarter Zeitung  ».

Quelle zone euro demain ?

À l’aube de ses 20 ans, les discussions autour de l’avenir de l’euro restent donc vives. À l’heure actuelle, les dirigeants européens examinent les propositions formulées en 2017 par le président Emmanuel Macron pour renforcer la zone euro, notamment en créant un budget de la zone euro et un ministre des Finances. Quant à M. Juncker, il souhaite renforcer encore le rôle de l’euro à l’international. Cela permettrait, par exemple, de payer les importations d’énergie en euro pour réduire la facture. Le débat se poursuit.

A.L.

Visiter les collections d’art de la BCE : https://www.ecb.europa.eu/ecb/artsculture/html/index.fr.html

En savoir plus :

Vidéo : l'histoire de la Banque centrale européenne (en français)

Les Européens et l'euro : une adhésion au plus haut - Sondage Eurobaromètre, octobre 2018 (en anglais)

Site de l'Union européenne : les 20 ans de l'euro (en français)

Site de la Banque centrale européenne (BCE) (en français, anglais, etc.)

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