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L’Allemagne durcit les règles de rachat de ses entreprises par des étrangers

Le gouvernement allemand durcit les conditions de rachat des entreprises allemandes par des investisseurs non-européens dans les domaines considérés comme sensibles pour la sécurité du pays

Le gouvernement allemand durcit les conditions de rachat des entreprises allemandes par des investisseurs non-européens dans les domaines considérés comme sensibles pour la sécurité du pays, © dpa

20.12.2018 - Article

Le gouvernement allemand a abaissé le seuil à partir duquel il pourra intervenir pour empêcher le rachat de parts d’entreprises allemandes par des investisseurs non-européens dans des secteurs stratégiques.

Le gouvernement allemand entend surveiller de plus près les investissements d’entreprises non-européennes dans des entreprises allemandes. Il a adopté hier en conseil des ministres un projet de loi qui durcit les règles en la matière. Il doit lui permettre d’intervenir plus tôt pour empêcher le rachat d’entreprises allemandes dans les secteurs considérés comme sensibles.

Concrètement, Berlin pourra se saisir du dossier dès qu’un investisseur non-européen projettera d’acquérir 10 % des parts d’une entreprise. Le seuil était fixé jusqu’à présent à 25 %.

La mesure concernera uniquement les secteurs dits « sensibles » pour la sécurité nationale comme la défense et les infrastructures « critiques » (énergie, production agro-alimentaire à partir d’une certaine échelle, etc.).

Les médias sont également concernés. « Il s’agit d’empêcher que des médias allemands ne puissent être utilisés à des fins de désinformation en cas de rachat par des investisseurs étrangers », explique le site web du gouvernement.

Fondamentalement, l’Allemagne continue de se féliciter des investissements qui sont réalisés sur son sol et qui participent à son attractivité, précise le site. « Mais de tels investissements ne doivent pas porter atteinte aux intérêts allemands en matière de sécurité ».

 Investissements chinois

Comme le rapporte la presse allemande, Berlin réagit ainsi aux projets d’investissements d’entreprises chinoises en Europe. Le sujet est devenu sensible en Allemagne depuis la prise de contrôle du fabricant de robots KUKA par le Chinois Midea en 2016. Au début de l’année 2018, c’est le constructeur Daimler qui voyait à son tour le milliardaire chinois Li Shufu devenir son principal actionnaire grâce à l’acquisition d’un peu moins de 10 % de son capital.

De fait, les entreprises allemandes sont très convoitées par les Chinois. Et ces derniers s’intéressent de plus en plus à des secteurs stratégiques comme l’énergie. L’été dernier, le gouvernement allemand n’était ainsi pas parvenu à empêcher la prise de contrôle du fournisseur d’électricité 50Hertz, qui approvisionne des millions de foyers allemands, par un groupe chinois qu’en rachetant lui-même l’entreprise.

A.L.

Plus d’informations :

Office de presse et d'information du gouvernement allemand (en allemand)

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