Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

Le numérique ramène l’industrie dans les villes

Berlin (photo) et Munich sont les deux villes les plus attractives pour les créateurs d’entreprises industrielles à l’ère du numérique, selon l’institut DIW. Mais Leipzig, Dresde, les villes du Rhin et de la Ruhr offrent aussi de très bonnes conditions

Berlin (photo) et Munich sont les deux villes les plus attractives pour les créateurs d’entreprises industrielles à l’ère du numérique, selon l’institut DIW. Mais Leipzig, Dresde, les villes du Rhin et de la Ruhr offrent aussi de très bonnes conditions, © dpa

22.11.2018 - Article

Selon une étude de l’institut DIW, la révolution numérique renforce l’attractivité des villes en tant que sites d’implantation pour l’industrie. Le phénomène est encore modéré, mais il rompt avec des décennies d’étalement géographique.

Va-t-on voir refleurir les sites industriels au cœur des villes ? Depuis la Seconde Guerre mondiale, les besoins de la production et du stockage de masse les ont fait émigrer vers les campagnes et les périphéries. Mais la révolution numérique pourrait avoir l’effet inverse. C’est ce qu’observe dans une récente étude l’institut DIW de Berlin. Entre 2012 et 2016, en Allemagne,  les villes et les métropoles ont accueilli près de 40 % de créations d’entreprises industrielles de plus que le reste du pays.

La raison est que l’ère numérique, ère de l’« expérience client » et de la production sur mesure, fait de la proximité avec le consommateur et/ou avec le centre de recherche de nouveaux atouts. « Lorsque nous sommes capables, grâce aux technologies numériques, de produire de petites séries, la proximité du client devient un avantage comparatif », explique Martin Gornig, auteur de l’étude.

Fini l’étalement industriel loin des centres-villes. Avec le numérique, le besoin d’espace (pour la production de masse, les stocks, etc.) se fait moins pressant. La proximité du client, du consommateur et… du chercheur, en revanche, devient un atout
Fini l’étalement industriel loin des centres-villes. Avec le numérique, le besoin d’espace (pour la production de masse, les stocks, etc.) se fait moins pressant. La proximité du client, du consommateur et… du chercheur, en revanche, devient un atout© dpa

Selon le DIW, c’est actuellement à Berlin et à Munich que le phénomène est le plus visible. Mais Leipzig et Dresde (en Saxe), ainsi que les villes de la vallée du Rhin et du bassin de la Ruhr (à l’ouest) tirent également leur épingle du jeu.

Le phénomène reste encore timide. « On ne peut pas encore parler d’une véritable renaissance de la ville comme site d’implantation industrielle ou de l’industrie comme moteur de croissance des villes », souligne M. Gornig. « Il faudrait pour cela, premièrement, des créations d’entreprises à croissance rapide et deuxièmement, que les entreprises industrielles déjà implantées dans les villes réussissent le défi de la transformation numérique ».

Mais l’impact est sensible en termes d’emploi, surtout pour une ville comme Berlin qui comportait au départ très peu d’industrie. En quatre ans, pour 100 000 salariés de l’industrie, Berlin en a gagné 230, Munich 105, la vallée du Rhin et du Main 77, Leipzig et Dresde 76, le Rhin et la Ruhr 66 et Hambourg 63.

A.L.  

Plus d’informations :

Étude de l'institut DIW (en allemand)

Retour en haut de page