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En Allemagne, les jours fériés rallongent

En 2017, la Fête de la Réforme (31 octobre) avait été déclarée fériée dans toute l’Allemagne à l’occasion du 500e anniversaire de la Réforme. Cela a conduit quatre länder allemands supplémentaires à en faire un jour férié du calendrier. Cette tendance à l’octroi de temps libre a le vent en poupe en Allemagne

En 2017, la Fête de la Réforme (31 octobre) avait été déclarée fériée dans toute l’Allemagne à l’occasion du 500e anniversaire de la Réforme. Cela a conduit quatre länder allemands supplémentaires à en faire un jour férié du calendrier. Cette tendance à l’octroi de temps libre a le vent en poupe en Allemagne, © chromorange

31.10.2018 - Article

Quatre länder allemands ont décidé cette année d’ajouter un jour férié au calendrier : la Fête de la Réforme (31 octobre), exceptionnellement chômée dans toute l’Allemagne en 2017 pour cause de 500e anniversaire de la Réforme. Ce choix reflète une tendance de fond.

Si vous devez passer un coup de téléphone professionnel en Allemagne cette semaine, attention ! Cette 44e semaine peut vous réserver des surprises car elle se profile de manière différente selon les länder. Il y a ceux qui s’arrêtent de travailler le 31 octobre pour la Fête de la Réforme (9 länder de l’Est et du Nord). Ceux qui célèbrent la Toussaint (5 länder de l’Ouest et du Sud). Et Berlin, qui n’a aucun jour férié. Au cours de l’année, les Allemands ont entre 9 et 14 jours fériés, selon leur lieu de résidence. Mais la tendance est à l’amélioration pour les moins bien lotis.

Depuis le début de l’année, plusieurs länder ont, en effet, décidé d’instituer un jour férié supplémentaire. C’est le cas de Hambourg, de la Basse-Saxe, du Schleswig-Holstein et de Brême. Ces quatre länder du nord, imitant leurs voisins des régions de l’Est, célèbrent désormais l’anniversaire du coup d’envoi de la Réforme protestante, le 31 octobre.

Une conséquence du 500e anniversaire de la Réforme

La Fête de la Réforme commémore l’affichage des 95 thèses de Martin Luther (1483-1546) sur la porte de l’église du château de Wittenberg (Saxe-Anhalt), le 31 octobre 1517. L’événement est considéré comme le coup d’envoi de la Réforme
La Fête de la Réforme commémore l’affichage des 95 thèses de Martin Luther (1483-1546) sur la porte de l’église du château de Wittenberg (Saxe-Anhalt), le 31 octobre 1517. L’événement est considéré comme le coup d’envoi de la Réforme© dpa-Zentralbild

Il y a un an, cette journée avait été accordée à tous les salariés allemands en raison du 500e anniversaire de la Réforme. À titre exceptionnel ! Mais l’idée est née chez certains de perpétuer cette journée fériée qui commémore l’affichage des thèses de Martin Luther (1483-1546) sur la porte de l’église du château de Wittenberg. L’une des motivations était de réduire l’écart du nombre de jours chômés entre les länder. Il y a eu des débats. Mais la proposition a été votée par les quatre Parlements régionaux.

À l’opposé de la mentalité qui régnait dans les années 1990 et 2000, l’idée d’accroître le nombre de jours fériés est ainsi plutôt en vogue en Allemagne. La Thuringe, par exemple, réfléchit à l’institution d’un jour férié laïc : une « Journée mondiale des enfants ». Son gouvernement vient de déposer un projet de loi en ce sens, rapporte le quotidien « Frankfurter Allgemeine Zeitung ».

Grand écart et évolutions sociales

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette nouvelle tendance. Il y a la volonté de réduire l’écart entre les länder. La majorité des länder s’abstient de travailler, le plus souvent, dix ou onze jours par an. Mais ce chiffre monte jusqu’à 14 en Bavière.

Il y a aussi la transformation profonde du monde du travail. L’époque (1995) où le ministre du Travail d’Helmut Kohl, Norbert Blüm, « échangeait » une baisse des cotisations sociales contre la suppression d’un jour férié  semble lointaine. Aujourd’hui, le chômage vient d’atteindre un plancher historique (moins de 5 %), et les entreprises ont de plus en plus de mal à recruter de la main-d’œuvre qualifiée. Pour attirer les salariés qualifiés, il faut en faire davantage pour leur permettre de concilier travail et vie familiale…

Les entreprises n’apprécient cependant pas toujours... « Les salariés demandent, les employeurs paient la facture », fustige un responsable de la fédération Nordmetall. L’Institut IW a chiffré le montant de la perte d’exploitation correspondant à l’institution d’un nouveau jour férié national. Elle va de 4,7 à 6,5 milliards d’euros, selon qu’il tombe toujours un jour de semaine ou non.

A.L.

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