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L’indice DAX, 30 ans de montagnes russes boursières

L’indice DAX, qui regroupe les 30 premières capitalisations boursières d’Allemagne, fête ses 30 ans le 1er juillet

L’indice DAX, qui regroupe les 30 premières capitalisations boursières d’Allemagne, fête ses 30 ans le 1er juillet, © dpa

26.06.2018 - Article

Le principal indice de la Bourse de Francfort est né officiellement le 1er juillet 1988. Reflet de la santé des grandes entreprises allemandes, il a vu sa valeur quadrupler en 30 ans malgré l’effet yoyo dû aux crises.

Quel est le point commun entre les baskets Adidas, la crème Nivea, l’aspirine Bayer, les vols Lufthansa, le four Siemens, les lessives Le Chat, Mir et Super Croix, les voitures Volkswagen et BMW et les logiciels SAP ? Ce sont des produits commercialisés par des entreprises du DAX. Abréviation de Deutscher AktienindeX, le principal indice boursier allemand regroupe les 30 plus grandes entreprises cotées à la bourse de Francfort. Né officiellement le 1er juillet 1988, il accompagne depuis trente ans les élans et les secousses qui font vibrer ou trembler investisseurs et boursicoteurs.

La valeur du DAX, comme celle du CAC40, a été fixée à 1 000 points le 31 décembre 1987. Le violent krach de Wall Street d’octobre 1987 était encore dans les esprits. Mais le 1er juillet 1988, jour de sa première publication officielle, le DAX affichait déjà 1163 points.

Ce n’était qu’un début. Le DAX, qui devait s’ajouter aux indices de la Bourse de Francfort, les a vite éclipsés. Et à partir de 1997, il prenait son envol grâce à l’installation du système de trading électronique Xetra.

Bulle Internet : le DAX prend son envol

À la fin du XXe siècle, le DAX a ainsi surfé en toute euphorie sur le dynamisme de la « bulle Internet ». Années fastes, marquées par la création en mars 1997 d’un nouveau segment dédié aux entreprises de la nouvelle économie : le Nouveau Marché.

Dopée par la high tech, la Bourse de Francfort a connu à cette époque une avalanche d’introductions en bourse (132 rien qu’en 1999). La plus spectaculaire (restée inégalée par son ampleur) fut celle de Deutsche Telekom. Le 7 mars 2000, 710 millions d’actions d’une valeur de 13 milliards d’euros ont inondé le marché boursier allemand. Le DAX s’est envolé : un bond de 2768 à 8136 points.

Mais la bulle de l’Internet a éclaté, et les économies de millions d’investisseurs et de petits porteurs avec elle. À l’automne 2001, les attentats du 11 septembre et l’intervention américaine en Afghanistan ont sonné le glas de bien des espoirs d’arbres grimpant jusqu’au ciel. Le DAX, en chute libre (il a perdu près de 75 % pour retomber à sa valeur de novembre 1995), a entraîné avec lui le Nouveau marché. De mauvaises prévisions en  pertes sans fond, voire en scandales, ce dernier a été enterré en mars 2003.

Années maigres

Les investisseurs avaient mangé leur pain blanc. Il leur fallut attendre 2007 pour voir le DAX retrouver les sommets du début du millénaire. C’était toutefois sans compter la faillite de la banque américaine Lehman Brothers à l’automne 2008. Crise financière. Puis crise des dettes souveraines européennes. De nouveaux coups de poing pour le DAX et de nouvelles claques pour les investisseurs.

C’est des banques centrales que le salut est finalement venu. Elles ont ouvert les vannes de la création monétaire. La Fed américaine d’abord, puis quelques années plus tard la Banque centrale européenne (BCE). Malgré la crise de la zone euro et une consommation déprimée sur le continent, la baisse des taux d’intérêt a été du pain béni pour les valeurs boursières, qui sont apparues soudain beaucoup plus rentables.

De record en record

Le 5 juin 2014, le DAX dépassait ainsi pour la première fois la barre des 10 000 points. Et sans s’arrêter : il a atteint 13596 points au début de l’année 2018. Son niveau actuel (12 500 points) reste très proche de ce record, témoignant de la profitabilité à long terme de l’investissement en bourse.

Malgré la faiblesse des taux d’intérêt et l’inflation, les Allemands tendent à préférer l’épargne à revenu fixe aux actions, bien que ces dernières soient plus rentables à long terme
Malgré la faiblesse des taux d’intérêt et l’inflation, les Allemands tendent à préférer l’épargne à revenu fixe aux actions, bien que ces dernières soient plus rentables à long terme. La culture de la bourse est moins développée en Allemagne que dans d’autres pays occidentaux, comme les États-Unis ou la Grande-Bretagne© dpa Themendienst

En 30 ans, la capitalisation des 30 entreprises du DAX a en effet été multipliée par quatre. Ce succès ne fait cependant pas des Allemands de grands boursicoteurs. Les investisseurs et petits porteurs, échaudés par les fortes pertes enregistrées lors de l’éclatement de la bulle Internet, affichent une prudence de Sioux. À la Bourse, ils préfèrent les livrets d’épargne aux rendements déprimés, voire nuls depuis quelques années. Ces derniers présentent l’avantage de donner à chaque instant le montant qui peut être récupéré en cas de retrait, expliquent les spécialistes.

Le phénomène est sans doute aussi culturel. La culture de la Bourse, voire de la spéculation n’est pas aussi présente en Allemagne que dans d’autres pays occidentaux, tels que les pays anglo-saxons.

A.L.

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