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La sortie du charbon, c’est pour quand ?

Sortir du charbon impose de trouver un subtil équilibre entre nécessité écologique et contraintes sociales dans les régions en reconversion.

Sortir du charbon impose de trouver un subtil équilibre entre nécessité écologique et contraintes sociales dans les régions en reconversion. C’est la mission de la commission « Croissance, reconversion structurelle et emploi » qui débutera ses travaux avant l’été., © Dpa/pa

07.06.2018 - Article

Le gouvernement allemand vient de nommer une commission pour fixer un calendrier de sortie du charbon. L’enjeu : réduire les émissions de gaz à effet de serre sans négliger l’emploi dans les régions en reconversion.

Après le nucléaire, le charbon. Avec le tournant énergétique (Energiewende), voilà plusieurs années que l’Allemagne ne se pose plus la question « faut-il sortir du charbon ? », mais « quand ? Et comment ? ».  Car programmer la fermeture des mines de charbon ne suffit pas : quid de la sécurité d’approvisionnement énergétique ? Et surtout quid de l’avenir économique et social des régions minières ? C’est un tour de force technique et organisationnel potentiellement explosif sur le plan politique.

Mais à l’heure de l’application de l’Accord de Paris sur le climat, les choses bougent. Cette semaine, le gouvernement d’Angela Merkel a créé une commission pour élaborer un calendrier concret pour la sortie du charbon. Avec l’obligation de fixer une date butoir définitive.

Vers une date butoir comme pour le nucléaire

La mine de charbon à ciel ouvert de Jänschenwalde en Lusace (Brandebourg, est de l’Allemagne) © Dpa/pa
La mine de charbon à ciel ouvert de Jänschenwalde en Lusace (Brandebourg, est de l’Allemagne). C’est l’un des bassins d’emplois les plus menacés par la sortie du charbon en Allemagne. On y extrait du lignite, un charbon très polluant et dont l’extraction consomme beaucoup d’espace.© Dpa/pa

Les travaux doivent aller vite. La première réunion est prévue « avant les vacances d’été », a promis le ministre fédéral de l’Économie et de l’Énergie, Peter Altmaier. Les résultats doivent être présentés au mois de décembre, juste avant la prochaine conférence internationale sur le climat (COP).

31 personnalités siègeront autour de la table. Il s’agit d’acteurs politiques et économiques, de responsables syndicaux, de membres d’associations de défense de l’environnement et de représentants des régions concernées par la reconversion. Des profils divers. Et ce n’est pas un hasard. Car ils auront une mission délicate à remplir : trouver un équilibre entre les nécessités écologiques et les contraintes sociales.

Berlin a, en effet, insisté sur un point : les deux aspects devront être traités sur un pied d’égalité. La commission aura pour mission d’élaborer une stratégie, un calendrier et une date de sortie du charbon pour que l’Allemagne respecte ses objectifs en matière de réduction des émissions à effet de serre. Et ce à court, moyen et long terme : des mesures devront être proposées pour que le pays se rapproche de son objectif pour 2020 (- 40 % d’émissions par rapport à 1990), actuellement hors de portée.

Mais ses membres devront aussi se préoccuper de l’emploi dans les régions en reconversion. Selon l’Union fédérale du lignite, quelque 21 000 personnes travaillent encore en Allemagne dans l’industrie minière, principalement en Rhénanie (à l’ouest) et en Lusace (à l’est). La commission (justement baptisée « Croissance, reconversion structurelle et emploi ») devra présenter des mesures concrètes pour attirer investissements et créer des emplois. Et ce dès octobre 2018.

Un chantier titanesque qui nécessite l’adhésion et passe donc par le souci de l’emploi

C’est une question de « crédibilité », a souligné M. Altmaier. « Il en va du climat, nous devons respecter nos engagements ». Mais en va aussi de l’emploi. Ne pas négliger cet aspect des choses est « la meilleure façon de lutter contre la désillusion des citoyens à l’égard de la politique ».

Le ministre du Travail et des Affaires sociales, Hubertus Heil, a même déjà réfléchi aux mesures à prendre. Selon lui, il convient de créer des emplois respectant les « qualifications et les traditions » de ces régions à forte dominante industrielle. Par exemple, grâce à l’installation d’usines de production de batteries électriques.

L’opinion publique, elle, espère tourner la page rapidement. Selon un sondage Kantar Emnid pour plusieurs associations de préservation de l’environnement 80 % des Allemands veulent voir les énergies renouvelables se substituer aussi vite que possible au charbon. Mais 74 % des sondés (et 80 % dans l’est du pays) jugent que la sécurisation de l’emploi doit être la priorité du travail de la commission.

A.L.

 

A.L.