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Un nouveau départ en Tunisie

Un nouveau depart en Tunisie

Un nouveau depart en Tunisie, © dpa

16.05.2018 - Article

Un nouveau départ en TunisieUn centre de conseil germano-tunisien veut contribuer à l’intégration des rapatriés de retour d’Europe et améliorer les perspectives d’emploi des jeunes Tunisiens.

« Mon père travaille chez Telekom et mon frère à Darmstadt. Je suis le seul à être revenu », explique Zied Ouled Ali. Il raconte en riant comment sa famille s’est installée en Allemagne : son père voulait à l’origine y passer seulement trois semaines de vacances, mais en a finalement fait son pays d’adoption. Zied, lui, a d’abord passé son bac avant d’arriver en Allemagne, et a ensuite fait des études d’ingénieur à Karlsruhe.

Dix ans plus tard, il est retourné en Tunisie. « J’ai toujours voulu être entrepreneur et les opportunités sont meilleures ici, surtout depuis la révolution. » Le jeune homme en costume-cravate est l’exemple type du rapatrié qui réussit : il parle quatre langues, est bien formé et a de l’ambition. Soutenu par un programme de la Société allemande pour la coopération internationale (GIZ), il a fondé une start-up informatique à Tunis. « L’aide financière à la création a facilité ma décision ». En Allemagne, il pourrait gagner plus qu’à Tunis mais il tient à son entreprise. Il a déjà trois salariés et veut en embaucher quatre autres d’ici à la fin 2017. Et il est en cours de négociation avec un investisseur étranger. 

Une autre mentalité

Au nouveau centre germano-tunisien de conseil aux migrants, Zied Ouled Ali parle de ses premiers pas en tant que chef d’entreprise, des difficultés qu’il a rencontrées au début et de la différence de mentalités entre les deux pays. Le Centre tuniso-allemand pour l’emploi, la migration et la réintégration, comme il s’appelle officiellement, est domicilié à l’Agence tunisienne pour l’emploi, un bureau avec pignon sur rue en plein cœur de Tunis. Il propose entre autres de nombreuses brochures d’information sur le marché du travail allemand. Car le centre doit informer aussi bien sur les risques d’une émigration illégale que sur les moyens légaux de se rendre en Allemagne, explique sa directrice, Oula Tarssim. Le centre a deux groupes cibles. D’une part, les jeunes Tunisiens qui ne voient pas de perspectives dans leur pays et souhaitent partir : le centre cherche par exemple à leur indiquer les possibilités de formation qui existent en Tunisie. Et d’autre part, les rapatriés, à qui il offre la possibilité de prendre un nouveau départ.

Environ 450 Tunisiens vivent actuellement en Allemagne sans droit de séjour, et quelque 1 000 autres sont tolérés sans être reconnus comme réfugiés. Tôt ou tard, ils rentreront dans leur pays. « Nous devons les réintégrer en Tunisie pour qu’ils ne rentrent pas en perdants », a déclaré Gerd Müller, le ministre fédéral de la Coopération économique pour le développement, lors de l’inauguration du centre en mars 2017. Le budget du programme pour les rapatriés a en conséquence été augmenté de 13 millions d’euros. Une aide financière et la perspective d’être conseillées en Tunisie doivent inciter les personnes concernées à rentrer volontairement dans leur pays.

Un chômage élevé

Mais les intégrer dans le marché tunisien de l’emploi s’avérera certainement difficile. La plupart des rapatriés ne sont pas des universitaires qualifiés comme Zied Ouled Ali. Et la Tunisie manque d’emplois depuis longtemps : officiellement, le taux de chômage est de 15,5 %, mais il est en réalité probablement plus élevé. Bon nombre de diplômés du supérieur ne trouvent pas de travail. Les prévisions de croissance économique pour 2018 se situent autour de 2,7 %, un chiffre optimiste, en hausse par rapport aux années précédentes.

Pour Gerd Müller, il est néanmoins important de faire également évoluer l’image de la Tunisie en Allemagne. « Le pays est en plein essor. Il est stable et a des structures démocratiques. » Pour que les rapatriés profitent eux aussi de cet essor, assez léger actuellement, les échanges sur leurs expériences entre nouveaux et « anciens » rapatriés sont importants, affirme Zied Ouled Ali de son côté. Son expérience du travail indépendant l’a convaincu qu’il existe une solution à chaque problème. « Il suffit de chercher un peu. »

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