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Objectif plein emploi

Comment faire prendre au marché de l’emploi le virage du numérique ? Le gouvernement allemand mise sur la formation et veut sécuriser les parcours professionnels © DPA/pa

Comment faire prendre au marché de l’emploi le virage du numérique ? Le gouvernement allemand mise sur la formation et veut sécuriser les parcours professionnels. , © Dpa/pa

17.04.2018 - Article

Le gouvernement allemand s’est fixé pour objectif de parvenir au plein emploi à l’horizon 2025.

C’est l’un des principaux objectifs du nouveau gouvernement allemand : le plein emploi. À l’heure où l’Allemagne connaît un taux de chômage parmi les plus bas d’Europe (5,5 %), inédit depuis plus de 25 ans, son ambition est de ramener la proportion de demandeurs d’emploi sous la barre des 3 % à l’horizon 2025. La réussite paraît à portée de main. La difficulté sera toutefois d’y parvenir dans un contexte bouleversé par la révolution numérique, et en veillant à ce que les emplois occupés soient des emplois de qualité (bonne évolution des salaires, bonnes conditions de travail, couverture par une convention collective).

Un État social fort et protecteur

La réflexion est donc déjà engagée. Sur le volet social, le ministre du Travail et des Affaires sociales, Hubertus Heil, a fait une première annonce : la présentation dans les cent jours d’un projet de loi sur le droit au retour à l’emploi à plein temps en cas de temps partiel. Il s’agit d’éviter les cas de temps partiel subi, qui pénalisent souvent les revenus et les retraites des femmes.

Les chômeurs de longue durée sont un autre sujet de

Hubertus Heil, ministre du Travail et des Affaires sociales : « notre objectif est le plein emploi ». © DPA/pa
Hubertus Heil, ministre du Travail et des Affaires sociales : « notre objectif est le plein emploi ».© Dpa/pa

préoccupation. L’Allemagne en compte quelque 900 000. Mais leur nombre ne baisse plus beaucoup depuis quelques années et une étude vient de montrer qu’ils restent de plus en plus longtemps sans emploi. Le gouvernement prépare à leur intention un arsenal de mesures visant à créer un « marché du travail social » pour remettre le pied à l’étrier à 150 000 d’entre eux. Quatre milliards d’euros sont prévus pendant cinq ans. Ils doivent financer des subventions salariales, ainsi que des mesures de formation et de placement. M. Heil espère présenter un texte d’ici à l’été.

« Il y a deux choses que nous devons assurer », a souligné le ministre il y a quelques semaines devant le Bundestag. La première est « un État social fort et efficace qui offre une garantie fiable face aux risques de l’existence et qui empêche de tomber dans la pauvreté ». Cela signifie pour lui : « ne pas se contenter de gérer la pauvreté mais ouvrir aux gens la possibilité d’avoir une vie libre et de la choisir ». Quant à la seconde exigence, il s’agit de garantir la justice sociale. La bonne santé du marché du travail allemand n’a, en effet, pas empêché l’ouverture de nouvelles fractures, ni le développement d’une peur de l’avenir, a constaté le ministre.

La question centrale : l’adaptation à la révolution numérique

« La question centrale est donc la suivante : », résume le ministre « comment préserver la cohésion de la société à une époque de changement social et technologique très rapide ? ».

Hubertus Heil l’assure : « il ne faut pas avoir peur du changement technologique ». Des études montrent que la révolution numérique va créer plus d’emplois qu’elle ne va en détruire. Mais beaucoup de métiers vont changer. « Nous savons que nous avons du pain sur la planche pour transformer le progrès technologique en progrès social », confirme M. Heil.

Le ministère allemand du Travail planche déjà sur les modalités de la transition depuis plusieurs années. Une chose est sûre : le renforcement de la formation, l’accompagnement des salariés et la définition d’un cadre social protecteur seront au cœur de la politique gouvernementale.

Selon le ministre de l’Économie et de l’Énergie, Peter Altmaier, il faut « au moins 500 000 nouveaux emplois par an » pour parvenir au plein emploi. Mais il ne s’agit pas seulement d’emplois nécessitant des études universitaires, confiait-il hier dans le journal Bild. « Je pense aux postiers dont l’emploi va disparaître parce qu’un jour ou l’autre des voitures autonomes videront les boîtes postales et livreront le courrier, ou bien aux caissiers » : pour ces personnes, des emplois vont s’ouvrir dans le domaine des soins à la personne, du travail social ou de la culture. Il y aura toujours en Allemagne « des emplois de valeur et importants nécessitant une formation solide, mais pas forcément le bac ou un diplôme universitaire ».

Une pénurie de main-d’œuvre coûteuse

Les entreprises ont intérêt aussi à ce que la transition se passe bien. Selon une étude de l’institut IW, leur difficulté à trouver les collaborateurs dont elles ont besoin coûte à l’Allemagne 30 milliards d’euros par an, soit 0,9 point de PIB. Et ce chiffre est en augmentation. Selon l’IW, près de 437 000 emplois sont restés vacants en 2017 contre 328 000 en 2016 et 152 000 en 2011.

A.L.

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