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La migration par la Méditerranée : nous avons besoin d’une coalition des bonnes volontés

Sauvetage de réfugiés en détresse en mer

Sauvetage de réfugiés en détresse en mer, © picture alliance

23.07.2019 - Article

Les défis migratoires sont complexes et exigent des solutions à différents niveaux. Cependant, en ce qui concerne la répartition des migrants sauvés en mer, il est urgent de trouver une solution rapide et pragmatique. L’Allemagne est prête à apporter sa contribution.

À la mi-juillet 2019, près de 700 hommes, femmes et enfants ont perdu la vie dans la Méditerranée en essayant de rejoindre l’Europe par la mer. Ces chiffres dramatiques montrent qu’il est urgent pour l’Europe d’apporter une réponse aux nombreux défis que posent les migrations. Quels sont les problèmes et quelles pourraient être les solutions ?

Un mécanisme stable pour les opérations de sauvetage en mer

Une solution rapide et pragmatique doit être surtout trouvée pour le débarquement et la répartition des personnes secourues en haute mer. Il faut souvent des semaines avant qu’un port soit attribué pour l’accostage d’un navire et que des pays soient prêts à accueillir les rescapés. Cela doit prendre fin. Un mécanisme stable est nécessaire pour régler au moins provisoirement ces questions en amont.

Comme l’a déclaré le ministre fédéral des Affaires étrangères, Heiko Maas, lors de la réunion des ministres européens de l’Intérieur et des Affaires étrangères lundi 22 juillet à Paris, « l’Allemagne est prête à continuer de garantir sa contribution » et « à aller de l’avant avec d’autres pays partenaires au sein d’une coalition des bonnes volontés ». Si un nombre suffisant de pays se déclarent également prêts à s’engager, ils pourraient déjà résoudre rapidement le blocage de l’Union européenne sur le sauvetage en mer. Ensuite, il faudrait réformer le régime d’asile européen dans son ensemble afin de soulager durablement les pays d’accueil principalement concernés, comme l’Italie ou Malte.

Plus d’aide pour les pays de transit comme la Libye

Un nouveau mécanisme de répartition ne peut cependant être qu’une partie de la réponse à apporter aux défis des migrations. En effet, il faut aussi prévoir des aides renforcées pour les pays en dehors de l’Europe qui sont particulièrement concernés par les flux migratoires.

La Libye notamment a besoin d’être bien soutenue. Selon les informations de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 640 000 réfugiés et migrants en provenance de 39 pays sont actuellement enregistrés en Libye, mais ils ne sont pas très nombreux à avoir droit à une protection internationale. Environ 5 600 personnes confrontées à des conditions de vie souvent épouvantables dans des centres de détention parfois situés à proximité de zones de combats ont tout particulièrement besoin d’être protégées.

Dans ce contexte, l’Allemagne a encore augmenté de 2 millions d’euros sa contribution au HCR pour la Libye qui atteint désormais 5 millions d’euros. Elle a également versé une nouvelle aide de 500 000 euros au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), ce qui représente un total de 1,5 million d’euros. Nous voulons notamment soutenir les efforts du HCR pour assurer par le Niger la réinstallation des personnes qui ont particulièrement besoin de protection en Libye.

Commencer par traiter les causes de la fuite migratoire et de la migration irrégulière

Une solution durable sera seulement possible si les causes de la fuite migratoire et de la migration irrégulière sont traitées. C’est pourquoi l’Allemagne est très impliquée dans des projets de prévention des crises qui contribuent à prévenir les causes des migrations. Cela consiste à participer à des opérations de maintien de la paix ainsi qu’à des projets comme ceux destinés à renforcer les structures locales de police au Congo ou encore à promouvoir le processus de réconciliation au Mali. Les projets de stabilisation dans les situations de conflit ou de post-conflit permettent de rétablir un environnement sûr, des soins médicaux de base ou une infrastructure opérationnelle et donnent aux réfugiés une perspective de retour dans leur pays.

De même dans le domaine migratoire, des mesures efficaces à long terme doivent avoir pour but de lutter contre les causes de la migration irrégulière. Des études montrent régulièrement que c’est avant tout le manque de perspectives économiques ou de confiance dans les structures étatiques qui poussent les personnes à quitter leur pays. Une gestion efficace de la migration exige de déployer des efforts dans ces domaines en particulier, comme prévu notamment dans le pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

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