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Marché unique européen : tous gagnants !

24.05.2019 - Article

Selon une étude de la Fondation Bertelsmann, tous les Européens ne tirent pas les mêmes bénéfices du marché intérieur européen. Mais tous y gagnent.

L’Europe, que fait-elle concrètement pour moi ? Tous les Européens se sont un jour posé cette question. Selon une enquête de la Fondation Bertelsmann, tous peuvent répondre en chœur : « l’Europe gonfle mon portemonnaie ». L’existence du marché unique fait gagner 840 € par an en moyenne à chaque citoyen européen, a calculé la Fondation. Avec des écarts.

« Le marché intérieur est l’un des principaux ressorts de notre prospérité », souligne Aart de Geus, président de la Fondation Bertelsmann. « Il en va de ses répercussions comme de celles de l’économie de marché : tous n’en profitent pas de manière égale. Mais tout le monde en tire un bénéfice ».

De 200 € à plus de 3 000 € de plus par an

Les douze pays qui profitent le plus du marché unique européen
Les douze pays qui profitent le plus du marché unique européen© Allemagne Diplomatie

L’étude révèle le gain de revenu dû au marché unique pays par pays, région par région (voir la carte interactive). Il va d’un peu moins de 200 € par an et par personne à près de 3 000 €.

En tête, on trouve la Suisse, le Luxembourg, l’Irlande, la Norvège, le Danemark, la Belgique, l’Autriche (voir le graphique), et des agglomérations comme Zurich (3 590 €/an), Londres (2 700 €/an) et Bruxelles (2 470 €/an).

En France, l’Île-de-France (1556 €/an) surclasse les autres régions. En Allemagne, ce sont les habitants de la Haute-Bavière (1 489 €/an), de Hambourg (1 478 €/an) et de l’agglomération de Stuttgart (1 304 €/an) qui profitent le plus de l’Europe.

À l’inverse, les pays et les régions les moins bénéficiaires se situent à l’est et au sud : Bulgarie, Roumanie, Grèce, Portugal ou Espagne, par exemple. En Allemagne, ce sont les länder de l’est comme le Brandebourg (672 €/an), la Saxe-Anhalt (692 €/an) et le Mecklembourg-Poméranie occidentale (700 €/an).

Industrie, compétitivité, ouverture : le trio gagnant

Les pays de l'UE qui profitent le moins du marché unique
Les pays de l'UE qui profitent le moins du marché unique© Allemagne Diplomatie

« Plus une région possède une industrie enracinée et des secteurs qui exportent, plus elle voit en général ses revenus augmenter du fait du marché unique », résume Dominic Ponattu, l’un des auteurs de l’étude. « Parmi les principaux gagnants, on trouve aussi les régions dotées d’un dense tissu de PME et de fournisseurs qui exportent à travers l’Union européenne (UE) ».

Ce n’est que logique. Le marché intérieur européen garantit la libre circulation des marchandises, des services, des personnes et du capital. Il dope le commerce en levant les barrières douanières et les autres obstacles. Il produit ainsi plus de concurrence, ce qui fait baisser les prix. Et il est d’autant plus efficace qu’il est le plus vaste espace économique au monde, avec plus d’un demi-milliard de consommateurs.

Mais l’étude ne s’arrête pas là. Elle distingue deux autres tendances de fond. Tout d’abord, ce ne sont pas les plus grands pays qui profitent le plus du marché unique (l’Allemagne et la France se classent autour du 10e rang des pays bénéficiaires). Ce sont des États relativement petits, mais très commerçants et très ouverts comme la Suisse, le Luxembourg, l’Irlande, la Belgique, l’Autriche ou les Pays-Bas.

« Le marché unique vaut de l’or pour des pays comme les Pays-Bas ou l’Autriche qui disposent de filières compétitives mais qui sont dépendants de l’exportation en raison d’un marché domestique trop étroit », souligne M. Ponattu. Généralement, ces pays bénéficient aussi de la dynamique économique des grands pays voisins.

Un potentiel à exploiter

Le second constat est que les régions urbanisées s’en tirent mieux que les régions rurales. La liberté du marché unique génère en effet un afflux de main-d’œuvre qualifiée dans les agglomérations. Elle répartit aussi les entreprises à l’échelle de toute l’UE. C’est ce qui a permis à Berlin de voir émerger un tissu de start-up dynamiques, à Londres et à Zurich d’attirer les financiers, à Bruxelles de concentrer les institutions européennes.

Le marché unique favorise les centres au détriment de la périphérie. Il y a là un risque de déséquilibre. Mais les autorités européennes veillent au grain : elles ont renforcé les aides régionales et les aides structurelles à destination des régions rurales.

C’est une bonne nouvelle. Car, selon les conclusions de l’étude, le potentiel de prospérité qu’offre le marché unique est encore loin d’être épuisé.

A.L.

Plus d'informations (en allemand)

Lire les résultats de l'étude (en allemand)

Lire les résultats de l'étude (en anglais)

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