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L’Allemagne se prépare au Brexit, avec ou sans accord

Le Royaume Uni sortira-t-il de l’Union européenne le 29 mars prochain sur la base de l’accord conclu avec les 27 ?

Le Royaume Uni sortira-t-il de l’Union européenne le 29 mars prochain sur la base de l’accord conclu avec les 27 ?, © A. Lefebvre

13.12.2018 - Article

Le Royaume Uni sortira-t-il de l’Union européenne sur la base de l’accord conclu avec les 27 ? La question, qui divise Londres, est au menu du Conseil européen ce jeudi. L’Allemagne souhaite un accord, mais elle s’est aussi préparée à amortir le choc d’un « Brexit dur ».

La Première ministre britannique, Theresa May, qui tente de convaincre son Parlement de signer l’accord sur le Brexit conclu avec l’UE, a réussi à écarter hier un vote de défiance organisé par son parti.
La Première ministre britannique, Theresa May, qui tente de convaincre son Parlement de signer l’accord sur le Brexit conclu avec l’UE, a réussi à écarter hier un vote de défiance organisé par son parti. Elle rencontre ce jeudi à Bruxelles ses partenaires européens. Ceux-ci sont fermement opposés à toute renégociation, mais prêts au dialogue afin de lui apporter de nouvelles garanties concernant l’accord.© PA Wire

Divorce contractuel ou « Brexit dur » ? Le débat fait rage en Grande-Bretagne où Theresa May tente de convaincre le Parlement d’approuver l’accord signé avec les 27 sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE). Après avoir reporté le vote faute de majorité, puis écarté un vote de défiance de son parti cette semaine, la Première ministre britannique rencontre ce jeudi à Bruxelles ses partenaires européens. Ces derniers se préparent à toutes les éventualités.

Conseil européen à Bruxelles

Les 27 l’ont, en effet, répété : ils refusent toute renégociation de l’accord avec le Royaume-Uni. Ils tiennent à préserver la cohésion dont ils ont fait preuve sur ce dossier. « L’accord négocié pendant des mois [17 mois au total, ndlr] est vraiment un bon compromis », a affirmé ce matin le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, au Bundestag. « Il n’existe aucune base pour le détricoter à nouveau ».

Selon le ministre allemand, cela s’applique en particulier au point le plus controversé de l’accord, le « backstop » ou « filet de sécurité » [il s’agit d’une mesure consistant à maintenir la frontière irlandaise ouverte de façon temporaire afin d’éviter le rétablissement d’une frontière physique entre l’Irlande et l’Irlande du Nord].

« La solution d’un ‘filet de sécurité’ efficace ne peut pas faire l’objet d’une remise en cause », a-t-il souligné. En revanche, « nous sommes disposés à écouter les réflexions britanniques quant aux clarifications supplémentaires qui pourraient être apportées sans toucher à la substance de l’accord ». Ce sera tout l’enjeu des discussions au Conseil européen.

En attendant, les Européens doivent se préparer à un Brexit dont ils ne savent pas, à trois mois et demi de l’échéance, s’il se déroulera de manière ordonnée avec un accord ou de manière abrupte sans accord. Cela inquiète les industriels et les financiers allemands. Ils redoutent un scénario sans accord entraînant une crise en Grande-Bretagne et des difficultés des deux côtés de la Manche.

« Les entreprises allemandes feraient bien de se préparer concrètement à un Brexit dur », mettait en garde hier Eric Schweizer, président de la Chambre de commerce et d’industrie allemande. Parmi leurs principales sources d’inquiétude : l’insécurité juridique qui découlerait d’une telle situation.

Des mesures adoptées

Dans ce contexte, le gouvernement allemand a pris ses dispositions. Il a adopté hier deux projets de loi visant à amortir le choc du Brexit, et ce quelles qu’en soient les modalités.

Le premier, élaboré par le ministère du Travail et des Affaires sociales, garantit aux ressortissants allemands et britanniques la possibilité de continuer à vivre et à travailler dans l’autre pays après le 29 mars 2019. Ils conserveront intacts leurs droits à la protection sociale. Les retraités allemands vivant en Grande-Bretagne continueront à percevoir leurs pensions. Et les étudiants ou apprentis séjournant dans l’autre pays n’auront pas à rentrer chez eux, ni à renoncer à leur bourse d’études.

Le second texte vise à éviter qu’un Brexit dur n’entraîne un préjudice fiscal pour les entreprises, y compris dans le secteur financier. Il est assorti d’une disposition spéciale pour le secteur de la banque – l’assouplissement de la protection contre les licenciements pour les banquiers les mieux rémunérés – qui vise à renforcer l’attractivité de la place financière allemande.

A.L.

Plus d’informations :

Discours du ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, ce matin, au Bundestag (en allemand)
Brexit : l’Allemagne prend des dispositions - Office de presse et d'information du gouvernement fédéral (en allemand)
Motion des groupes parlementaires CDU/CSU et SPD adoptée ce matin au Bundestag sur le Brexit (en allemand)

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