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Angela Merkel soutient l’idée d’une « véritable armée européenne »

Soldats de la Brigade franco-allemande

Soldats de la Brigade franco-allemande, © picture alliance

14.11.2018 - Article

La chancelière allemande s’est exprimée hier devant le Parlement européen sur l’avenir de l’Europe. Elle a plaidé pour la tolérance et la solidarité, et souhaité la mise sur pied d’une « véritable armée européenne », une idée promue par le président Emmanuel Macron.

Selon Angela Merkel, « nous devrions travailler à la vision qui consiste à créer un jour une véritable armée européenne ». La chancelière allemande l’a affirmé hier devant le Parlement européen à Strasbourg, apportant son soutien à une idée formulée quelques jours plus tôt par le président français, Emmanuel Macron.

« L’époque où nous pouvions compter sur d’autres sans réserve est terminée », a argué la chancelière. « Cela signifie que nous, Européens, devons davantage prendre notre destin en main si nous entendons survivre en tant que communauté européenne. »

Angela Merkel l’a toutefois clairement précisé : « il ne s’agit pas d’une armée contre l’OTAN », mais d’une armée « qui peut être un bon complément à l’OTAN ». « Personne ne veut remettre en question les liens classiques », a-t-elle dit. En revanche, l’existence d’une « armée européenne commune montrerait au monde qu’il n’y aura plus jamais de guerre en Europe ».

La chancelière n’a pas donné de détails sur la forme que pourrait prendre ce projet. Mais elle a estimé, à l’instar de la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, que les Parlements nationaux doivent conserver la responsabilité de l’engagement des troupes.

À l’heure actuelle, l’Union européenne (UE) dispose d’une force de réaction rapide. Mais ces « battlesgroups », créés en 2007, n’ont encore jamais été déployés sur le terrain. Grâce à l’impulsion franco-allemande, l’Europe de la Défense a, par ailleurs, enregistré ces deux dernières années d’importantes avancées. Deux nouveaux mécanismes ont notamment été créés : la Coopération structurée permanente et le Fonds européen de défense.

Pour une Europe unie, tolérante et solidaire

La chancelière Angela Merkel, hier, devant le Parlement européen, à Strasbourg
La chancelière Angela Merkel, hier, devant le Parlement européen, à Strasbourg© Gouvernement fédéral/Kugler

Devant les députés européens, réunis à Strasbourg en assemblée plénière, Angela Merkel a par ailleurs prôné la création d’un Conseil de sécurité européen. L’objectif serait d’accélérer la prise de décision de l’UE en matière de politique étrangère et de sécurité.

Elle a, plus généralement, appelé les Européens à s’unir pour défendre efficacement leurs intérêts sur la scène internationale, quitte à renoncer à la prise de décision à l’unanimité là où les traités le permettent.

Son discours d’une demi-heure a ainsi pris la forme d’un plaidoyer pour une Europe unie, tolérante et solidaire. C’est la seule Europe à ses yeux qui sera à même de perpétuer le projet de paix initié au lendemain des deux guerres mondiales.

« L’Europe est notre meilleure chance de vivre dans une paix et une prospérité durables et d’assurer la sécurité de l’avenir », a-t-elle souligné. Mais « l’Europe ne peut faire entendre sa voix que lorsqu’elle apparaît unie. C’est-à-dire que la solidarité signifie toujours qu’il faut surmonter les égoïsmes nationaux. »

La chancelière l’a martelé : la solidarité « fait partie de l’ADN européen ». L’Europe en a besoin parce qu’elle fait partie de ses valeurs fondamentales, parce qu’elle inclut une responsabilité pour l’ensemble de la communauté et parce que la solidarité au bénéfice de tous est dans l’intérêt bien compris de chacun.

Angela Merkel a ainsi appelé les États membres de l’UE à s’en tenir aux règles communes. « Celui qui vide de leur contenu les principes de l’État de droit ou la liberté de la presse ne menace pas seulement l’État de droit dans son propre pays », a-t-elle dit. « Il menace d’État de droit dans toute l’Europe ».

Inversement, elle a regretté sur le ton de l’autocritique que l’Allemagne ait mis trop de temps, en 2015, à considérer la question des réfugiés comme une question concernant tous les États membres de l’UE.

La chancelière a d’ailleurs aussi fait des propositions sur cette question. Elle souhaite le renforcement des institutions européennes chargées de la protection des frontières extérieures et de la politique d’asile. Pour ce faire, elle a appelé les États européens à accepter de renoncer à certaines compétences nationales pour que puissent être trouvées des solutions communes. Elle plaide aussi pour l’élaboration d’un système d’asile européen.

A.L.

Plus d’informations :

Office de presse et d'information du gouvernement fédéral (texte et extraits vidéo de l'intervention de la chancelière, en allemand)

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