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Angela Merkel dévoile ses idées pour l’avenir de l’Europe

05.06.2018 - Article

« L’Europe est à la croisée des chemins », estime la chancelière allemande. Pour redéfinir la place du continent dans un monde en mutation, elle présente à son tour des propositions.

Emmanuel Macron, discours à la Sorbonne sur l’avenir de l’Europe, 26 septembre 2017
Emmanuel Macron, discours à la Sorbonne sur l’avenir de l’Europe, 26 septembre 2017© abaca

Les chefs d’État et de gouvernement européens doivent prendre à la fin du mois des décisions clés pour l’avenir de l’Europe. L’Allemagne et la France avaient annoncé des propositions communes. Après le président Emmanuel Macron, c’est donc au tour de la chancelière Angela Merkel de dévoiler la manière dont elle aborde ce dossier essentiel et ses multiples ramifications : politique migratoire, zone euro, défense.

« À la croisée des chemins »

La chancelière a choisi les colonnes du journal Frankfurter Allgemeine Zeitung pour livrer dimanche sa vision globale, ainsi que le détail de ses propositions. Selon son analyse, « l’Europe est à la croisée des chemins ». Elle doit redéfinir son rôle dans un monde en train de se réorganiser, un monde devenu multipolaire avec une superpuissance, les États-Unis, et une Chine en pleine croissance.

Elle en est convaincue : les solutions simplistes et le repli nationaliste sont des impasses. « Il faut un effort européen pour ancrer l’Union européenne dans l’ordre mondial du XXIe siècle, et offrir à nouveau une promesse globale de sécurité ».

L’Europe doit « défendre ses intérêts, valeurs et convictions communes au quotidien dans le monde globalisé de manière systématique et sur la base de la liberté, de l’État de droit et de la démocratie ». En clair : elle doit devenir plus forte, plus fiable et devenir capable d’agir plus vite.

Politique étrangère et défense

Premier chantier : la politique étrangère, de défense et de sécurité. Angela Merkel propose de faire du siège non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU un siège européen, et non plus un siège occupé par un État européen. Elle suggère aussi la création d’un Conseil de sécurité européen, dont le nombre limité de membres (choisis par rotation) permettrait d’agir plus vite.

Par ailleurs, elle appelle de ses vœux un Livre blanc sur la politique de sécurité. Il s’agirait de définir ensemble les défis pour améliorer la coopération de défense et politique du développement. La chancelière soutient notamment l’initiative d’intervention européenne lancée par la France.

Le défi des migrations

Deuxième chantier : la politique migratoire. C’est là que réside « le plus grand danger pour l’avenir de l’Europe », souligne Angela Merkel. Plusieurs questions sont cruciales : comment réagir à la migration illégale ? Créer un système d’asile européen ? Mettre en œuvre un agenda du développement qui traite à la racine les causes d’exode ?

La chancelière fait plusieurs propositions : la création d’une « police européenne des frontières avec des compétences à l’échelon européen », la mise en place d’une autorité européenne pour traiter les demandes d’asile et un système de « solidarité souple » entre les États européens pour la répartition des réfugiés. Enfin, last but not least, elle suggère un Pacte avec l’Afrique, un « Plan Marshall pour et avec l’Afrique » pour soutenir le développement du continent Noir.

Quelle zone euro demain ?

Troisième et dernier grand chantier : l’économie. En la matière, le défi de demain s’appelle la révolution numérique, explique en substance Angela Merkel. La chancelière veut y répondre en augmentant les dépenses de recherche et les investissements d’avenir (pour atteindre 3 % du PIB), en constituant des réseaux de recherche d’excellence et en redoublant d’effort sur la question de l’intelligence artificielle, mais « d’une manière éthique ».

En ce qui concerne l’avenir de la zone euro, la chancelière propose de transformer le Mécanisme européen de stabilité (MES), né de la crise des dettes souveraines, en un Fonds monétaire européen. Cette institution pourrait accorder des crédits en cas de danger pour la zone euro, mais elle resterait entre les mains des États dans une logique intergouvernementale.

Enfin, la chancelière propose également un budget d’investissement pour réduire les écarts de croissance et de développement au sein de l’UE. Cette idée aussi va dans le sens des propositions faites par Emmanuel Macron.

A.L.

Plus d’informations :

Interview de la chancelière Angela Merkel (en allemand)

 

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