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Scrutin à suspense en Thuringe

Unique ministre-président d’Allemagne issu du parti Die Linke, Bodo Ramelow pourra-t-il reconduire sa coalition « rouge-rouge-verte » au lendemain des élections régionales de dimanche en Thuringe ?

Unique ministre-président d’Allemagne issu du parti Die Linke, Bodo Ramelow pourra-t-il reconduire sa coalition « rouge-rouge-verte » au lendemain des élections régionales de dimanche en Thuringe ?, © ZB

25.10.2019 - Article

L’unique chef de gouvernement régional issu des rangs de Die Linke pourra-t-il à poursuivre sa coalition après les élections prévues dimanche ?

En 2014, sa victoire dans le fief conservateur de Thuringe avait fait l’effet d’un coup de tonnerre. On ne donnait pas cher de sa coalition « rouge-rouge-verte » (Die Linke, SPD, Verts) constituée avec une seule voix de majorité. Cinq ans plus tard, Bodo Ramelow, l’unique ministre-président allemand membre du parti de gauche Die Linke, s’est installé dans le paysage politique comme un patriarche pragmatique. Un « conservateur rouge » comme le surnomme le « Süddeutsche Zeitung », à l’instar du « conservateur vert » Jürgen Kretschmann qui dirige le Bade-Wurtemberg depuis huit ans. Mais cela lui suffira-t-il pour reconduire sa coalition ? Les élections régionales prévues dimanche en Thuringe s’annoncent pleines de suspense.

Les sondages classent l’ancien syndicaliste de 63 ans comme le candidat préféré des électeurs. On loue son pragmatisme, sa solidité, son écoute, son ouverture. Même son fort caractère est mis à son crédit comme la preuve d’une capacité à trancher. Bodo Ramelow mise sur ce « bonus » de chef de gouvernement. Il rappelle aussi qu’il a embauché des enseignants et réduit la dette du land. Son parti monte dans les sondages depuis l’été. À la veille du scrutin, Die Linke fait figure de favori avec environ 28 % des intentions de vote.

Plusieurs inconnues et un possible casse-tête

Cinq ans après avoir perdu son fief, l’Union chrétienne-démocrate (CDU) renouera-t-elle avec le pouvoir en Thuringe grâce à sa nouvelle tête de liste Mike Mohring, dans une coalition à trois ou quatre partis ?
Cinq ans après avoir perdu son fief, l’Union chrétienne-démocrate (CDU) renouera-t-elle avec le pouvoir en Thuringe grâce à sa nouvelle tête de liste Mike Mohring, dans une coalition à trois ou quatre partis ?© dpa-Zentralbild

Mais l’élection prévue dimanche est un scrutin à plusieurs inconnues. Quel sera le score de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) ? Elle est emmenée par un quadragénaire tombé dans la politique à 18 ans au moment de la Réunification, Mike Mohring. Celui-ci fait tout pour ramener le parti conservateur aux affaires. Il était en tête des sondages avant l’été. Il est aujourd’hui à la deuxième position, crédité de 24 % à 26 % des intentions de vote.

Un autre élément clé sera le score du Parti social-démocrate (SPD) et des Verts. Crédités chacun de 7 à 9 % des intentions de vote, les partenaires de coalition de M. Ramelow pourraient ne plus suffire à atteindre la majorité pour constituer un gouvernement.

Quel sera, de même, le résultat du FDP ? Le parti libéral flirte dans les sondages avec les 5 % éliminatoires. Sa présence ou non au Parlement régional sera un facteur décisif dans l’éventail des coalitions possibles.

Enfin, et l’AfD ? Le parti d’extrême-droite a le vent en poupe à l’est de l’Allemagne. Il est crédité de 21 % à 24 % des intentions de vote. Mais sa tête de liste, Bernd Höcke, chef de file de la droite nationaliste au sein du parti, pourrait aussi apparaître aux électeurs comme un repoussoir.

Ce tour d’horizon laisse en tout cas entrevoir un risque : celui d’un morcellement du paysage politique débouchant sur un casse-tête démocratique. D’ores et déjà, aucune coalition ne semble possible avec moins de trois partis. Et si le SPD et les Verts étaient trop faibles pour reconduire la coalition « rouge-rouge-verte », peu d’options resteraient sur la table.

Une alliance de la CDU avec l’AfD comme avec Die Linke apparaît peu probable. Tous les partis excluent d’ailleurs une coalition avec l’AfD.

La tête de liste de la CDU, Mike Mohring, envisage une coalition à quatre partis : CDU, SPD, Verts et FDP. Ce serait une première. Mais elle suppose que les libéraux obtiennent 5 % des voix.

Enfin, si aucun de ces scénarios n’était possible, il resterait une dernière solution : celle d’un gouvernement minoritaire dirigé par Die Linke. La Constitution de la Thuringe offre, en effet, la possibilité au gouvernement en place de gérer les affaires courantes sans limite de durée en cas de nécessité.

A.L.

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