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Escalade de la situation dans le nord-est de la Syrie

Le camp de réfugiés d’Ain Issa dans le nord de la Syrie

Le camp de réfugiés d’Ain Issa dans le nord de la Syrie , © picture alliance/Chris Huby / Le Pictorium/MAXPPP/dpa

11.10.2019 - Article

L’offensive militaire de la Turquie dans le nord-est de la Syrie risque de déstabiliser davantage le pays et de susciter une résurgence de l’organisation terroriste «  État islamique  ».

Que s’estil passé ?

Comparé au reste du pays, le nord-est de la Syrie est relativement stable. Les Kurdes vivant dans cette région se sont battus contre l’organisation terroriste «  État islamique  » (EI) au sein des Unités de protection du peuple (YPG), une organisation paramilitaire, en tant qu’alliés des États-Unis et, ce faisant, ont également bénéficié d’une formation militaire solide et d’un soutien. Avec l’offensive militaire unilatérale qu’elle vient de lancer, la Turquie veut s’attaquer aux YPG qui, selon elle, sont des alliés de l’organisation terroriste kurde du PKK. Par ailleurs, le gouvernement turc a annoncé vouloir relocaliser dans la région des réfugiés syriens qui, jusqu’à présent, avaient trouvé refuge en Turquie. Une escalade militaire menace donc le nord-est de la Syrie, avec des répercussions considérables pour la population civile et la région.

Quelle est la position de l’Allemagne ?

Du point de vue du gouvernement fédéral, la Turquie prend le risque de déstabiliser encore plus la région et de provoquer d’autres mouvements de réfugiés ainsi qu’une résurgence de l’EI. Le ministère fédéral des Affaires étrangères a donc appelé expressément à plusieurs reprises le ministère des Affaires étrangères turc à renoncer à une intervention militaire dans le nord-est de la Syrie. Après le début de l’offensive, le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas a déclaré :

Nous condamnons avec la plus grande fermeté l’offensive turque dans le nord-est de la Syrie. Nous appelons la Turquie à mettre fin à son offensive et à poursuivre ses intérêts de sécurité avec des moyens pacifiques.

C’est le message clair que M. Maas a également communiqué à son homologue turc Mevlüt Çavuşoğlu lors d’un entretien téléphonique. Directement après le début de l’offensive, l’Allemagne a demandé la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité à ce sujet au nom des cinq membres européens du Conseil de sécurité : l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, la Belgique et la Pologne.

Le gouvernement fédéral œuvre au lancement d’un processus politique en Syrie afin d’amener une paix durable dans le pays. Prochainement, un comité constitutionnel sera convoqué sous l’égide des Nations Unies dans le but de lancer un tel processus.

Comment le gouvernement fédéral s’engage-t-il dans le nord-est de la Syrie ?

Dans le cadre de la lutte contre l’organisation terroriste EI, l’Allemagne est membre de la coalition internationale contre l’EI et contribue activement à combattre durablement les terroristes en Syrie et en Iraq, y compris dans le nord-est de la Syrie. L’Allemagne apporte une contribution importante à la reconstruction, la stabilisation et l’aide humanitaire dans les régions de Syrie et d’Iraq qui ont été libérées de l’EI.

L’Allemagne est actuellement le deuxième donateur d’aide humanitaire en Syrie et s’est engagée à verser 500 millions d’euros d’aide humanitaire pour l’année 2019. Le gouvernement fédéral soutient dans tout le pays des programmes du Programme alimentaire mondial, du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et de la Croix-Rouge internationale. En 2019, le gouvernement fédéral a mis à disposition 5 millions d’euros dans le nord-est de la Syrie, dont des mesures d’aide dans les camps de réfugiés où vivent des personnes ayant fui les combats contre l’EI. En tant que principal soutien à la Syrie au sein du Programme alimentaire mondial (PAM), l’Allemagne contribue de manière importante à approvisionner ces camps en nourriture.

La stabilisation des régions libérées de l’emprise de l’EI constitue un élément essentiel de l’engagement allemand. L’Allemagne co-préside le groupe de travail «  Stabilisation  » de la coalition internationale contre l’EI. Depuis 2017, le gouvernement fédéral finance des mesures de stabilisation à hauteur de plus de 50 millions d’euros dans ces régions, principalement destinées à la destruction des mines disséminées par l’EI et au rétablissement d’un approvisionnement de base (eau, électricité et assainissement).

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