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Exercice pratique de désarmement nucléaire

L’équipe d’experts en compagnie des représentants permanents de la France et de l’Allemagne auprès de la Conférence du désarmement pendant l’exercice de désarmement à Jülich

L’équipe d’experts en compagnie des représentants permanents de la France et de l’Allemagne auprès de la Conférence du désarmement pendant l’exercice de désarmement à Jülich, © Ministère fédéral des Affaires étrangères

30.09.2019 - Article

L’Allemagne et la France organisent ensemble un exercice de désarmement. Un désarmement vérifiable est un pas important vers un monde sans armes nucléaires.

Des systèmes vecteurs aux ogives : de nouvelles voies vers le désarmement nucléaire

La vérification, c’est-à-dire la question de savoir dans quelle mesure les États parties ont réellement respecté leurs obligations, est un aspect essentiel du désarmement nucléaire. Bien que les États dotés d’armes nucléaires se soient engagés dans le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires à détruire toutes les armes nucléaires et que les arsenaux nucléaires des États-Unis et de la Russie aient été nettement réduits depuis la fin de la guerre froide, on manque de possibilités de vérification. En particulier, aucune arme nucléaire n’a encore jamais été détruite sous le contrôle d’experts internationaux. Pour les armes nucléaires, on est plutôt passé jusqu’à présent par le désarmement de certains systèmes vecteurs, par exemple les missiles.

Vérifier la destruction d’une ogive nucléaire se heurte en effet à des obstacles techniques de taille, la partie vérificatrice devant être certaine qu’une ogive nucléaire est réellement détruite ou irréversiblement mise hors d’usage. En même temps, l’État qui désarme ne souhaite pas divulguer d’informations sur des domaines militaires sensibles. Dès lors que des États non dotés d’armes nucléaires participent à la vérification, le fait qu’ils obtiennent des informations concernant la construction d’une ogive nucléaire pourrait même constituer une violation du TNP.

Les experts pénètrent en terre inconnue

Pour relever ce défi technique, le « Partenariat international pour la vérification du désarmement nucléaire » (IPNDV) a été créé en 2014 sur une initiative américaine. Des spécialistes de plus de 25 pays, dont des États dotés et des États non dotés d’armes nucléaires, développent dans le cadre de l’IPNDV des concepts et des procédés de vérification du désarmement des ogives nucléaires. L’Allemagne participe avec trois experts à cette initiative. Ils travaillent aussi bien sur des questions pratiques que de conception.

L’Allemagne et la France innovent

L’Allemagne et la France donnent l’exemple en organisant cet exercice pratique. Une équipe franco-allemande composée de chercheurs et de fonctionnaires des deux États a élaboré et préparé pendant deux ans cet exercice de vérification du désarmement dénommé « NuDiVe » (Nuclear Disarmament Verification). Elle passe maintenant à la mise en œuvre : du 23 septembre au 27 septembre 2019, des expertes et experts de l’IPNDV venus de onze pays et réunis au Centre de recherche de Jülich procèdent à la vérification du démantèlement d’une ogive nucléaire simulée par une vraie source de rayonnement et testent des techniques de mesure et des procédés. Le fait qu’un État doté d’armes nucléaires (la France) et un État non doté d’armes nucléaires (l’Allemagne) participent à cet exercice le rend plus crédible. Le désarmement ne devrait pas être réservé aux États dotés d’armes nucléaires.

Ensuite, l’équipe évaluera ensemble si la vérification du démantèlement est clairement établie et si les obligations en vertu du TNP sont respectées. Ainsi, aucune information sensible concernant la construction d’une arme nucléaire ou des secrets militaires ne devront avoir été accessibles à l’État participant non doté d’armes nucléaires.

L’exercice franco-allemand est donc une contribution importante et concrète des deux États sur le long et difficile chemin qui mène à un monde sans armes nucléaires. L’exercice montre que les États dotés d’armes nucléaires et les États non dotés d’armes nucléaires peuvent parfaitement avancer ensemble sur des questions techniques délicates liées à la vérification. Des procédures qui instaurent la confiance à l'échelle internationale restent une condition indispensable du désarmement nucléaire.

Le désarmement nucléaire : un pilier de la politique étrangère allemande

Cette semaine, le ministre fédéral des Affaires étrangères Heiko Maas préside à New York, en compagnie de son homologue algérien, la Conférence des Parties pour faciliter l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires. Tous deux invitent les États à adhérer au Traité pour qu’il puisse entrer en vigueur.  

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