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L’unité inachevée

30 ans après la chute de Berlin, l’est de l’Allemagne poursuit son rattrapage économique

30 ans après la chute de Berlin, l’est de l’Allemagne poursuit son rattrapage économique, © picture alliance

30.09.2019 - Article

30 ans après la chute du mur de Berlin, où en est l’unité allemande ? C’est ce qu’explore un rapport annuel du gouvernement fédéral.

Christian Hirte, délégué du gouvernement allemand aux nouveaux länder, constate une évolution positive dans l’est de l’Allemagne
Christian Hirte, délégué du gouvernement allemand aux nouveaux länder, constate une évolution positive dans l’est de l’Allemagne. L’insatisfaction tient, selon lui, à des difficultés structurelles et à une certaine fatigue du changement de la part des habitants© dpa

30 ans après la chute du mur de Berlin, l’économie des nouveaux länder a en grande partie rattrapé celle de l’ouest du pays. C’est ce que constate le rapport annuel du gouvernement fédéral sur l’état de l’unité allemande.

« De nombreux indicateurs nous montrent que nous avons réalisé de grands progrès dans l’harmonisation des conditions de vie entre l’est et l’ouest depuis 1990 », relate Christian Hirte, le délégué du gouvernement aux nouveaux länder.

Un rattrapage massif sur le plan économique

La puissance de l’économie des nouveaux länder, par exemple, atteint aujourd’hui 75 % de celle des régions de l’ouest (contre à peine 43 % en 1990). Les rémunérations ont massivement augmenté. Les pensions est-allemandes atteignent même 96,5% de celles de l’ouest, et elles les rejoindront totalement en 2024. Le chômage a fondu et n’est plus un sujet de préoccupation. L’est est devenu un site d’implantation attractif pour les jeunes entreprises innovantes, notamment dans un secteur d’avenir comme celui des énergies renouvelables.

Mieux, le rattrapage a subi un nouveau coup d’accélérateur ces dernières années, montre le rapport. En 2018, la croissance économique a été plus dynamique à l’est qu’à l’ouest (1,6 % contre 1,4 %). Dans la foulée, les salaires de l’est se sont hissés à 84 % du niveau de l’ouest (contre 81 % en 2017). Avec pour résultat un pouvoir d’achat équivalent car le coût de la vie est plus bas à l’est.

« Lassitude » du changement

Alors d’où vient ce sentiment, relayé par les médias, que nombre d’habitants des régions de l’est se sentent considérés comme des « citoyens de deuxième classe » ? Selon M. Hirte, deux facteurs se combinent.

Il y a, tout d’abord, les faiblesses structurelles de l’économie est-allemande : la (très) petite taille des entreprises, une structure économique encore très rurale, les conséquences de l’exode des jeunes dans les années 1990, le manque de sièges sociaux.

Aucune des 30 premières capitalisations boursières d’Allemagne (DAX 30) n’a son siège à l’est, pointe le rapport. Et la puissance des villes de l’est les plus dynamiques, comme Leipzig, n’équivaut qu’à celle des régions les moins bien dotées à l’ouest. Tout cela explique qu’un écart économique persiste entre l’est et l’ouest, explique M. Hirte.

Mais le ressenti négatif des habitants est, lui, la conséquence d’un autre phénomène : la lassitude. La population des nouveaux länder est fatiguée des efforts de transformation qu’elle a eu à consentir sans discontinuer depuis plus de 30 ans, souligne M. Hirte. Selon le délégué, il va désormais falloir veiller à la ménager davantage. Car  les prochaines révolutions s’annoncent déjà : sortie du charbon, numérique, migrations, mondialisation.

A.L.

Plus d’informations :

Lire le rapport sur l'unité allemande du gouvernement fédéral, édition 2019 (en allemand)

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