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Angela Merkel sonne la mobilisation pour le climat

Débat général au Bundestag, ce matin, dans le cadre de la discussion du projet de loi de finances pour 2020. Protéger le climat « va coûter de l’argent », a dit la chancelière Angela Merkel. « Mais il s’agit d’un bon investissement ».

Débat général au Bundestag, ce matin, dans le cadre de la discussion du projet de loi de finances pour 2020. Protéger le climat « va coûter de l’argent », a dit la chancelière Angela Merkel. « Mais il s’agit d’un bon investissement »., © dpa

11.09.2019 - Article

La chancelière défendait ce matin les grands axes de sa politique lors du débat budgétaire au Bundestag. Elle a fait du climat sa grande priorité. Sans oublier ni le numérique, ni la cohésion sociale, ni l’Europe.

« Mieux protéger le climat va nous coûter de l’argent. Mais l’ignorer nous en coûterait davantage ». Au moment où les températures estivales semblent corroborer les avertissements des experts, la chancelière Angela Merkel a mis en avant ce matin la protection du climat comme l’une des grandes priorités de son action politique. Elle a appelé les Allemands à un « grand effort » national. « C’est de l’argent bien investi », a-t-elle dit. Le changement climatique est un « défi pour l’humanité », et les pays industrialisés tels que l’Allemagne doivent assumer leur « responsabilité ». « C’est un devoir ».

Angela Merkel s’exprimait lors du débat général au Bundestag, le traditionnel point culminant du débat budgétaire au Parlement allemand. Son calendrier est tout tracé. Vendredi 20 septembre (peu avant que ne s’ouvre à New York une Assemblée générale des Nations unies où il devrait aussi être beaucoup question du climat), elle annoncera un vaste train de mesures. Elle l’a affiché de longue date : l’Allemagne est déterminée à mettre les bouchées doubles pour atteindre ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030.

Des mesures annoncées le 20 septembre

Le contenu précis du plan a cependant fait l’objet depuis plusieurs mois d’intenses débats à Berlin. La chancelière a levé ce matin un coin du voile en appelant à miser sur l’innovation et sur les mécanismes de l’économie sociale de marché. Sur la recherche et l’incitation plutôt que sur les interdits et les taxes, donc.

Concrètement, elle voit dans les solutions consistant à donner un prix au dioxyde de carbone (CO2) « la bonne approche », à condition de les assortir d’aides. Elle veut aussi relancer le développement des énergies renouvelables, en particulier l’éolien dont la progression est en train de fléchir. Il faut travailler à une meilleure acceptation des lignes à haute tension et des éoliennes sur le terrain, a-t-elle plaidé. Elle envisage de mieux associer les riverains aux bénéfices des installations et vise la conclusion d’une « alliance villes-campagnes ». Il faut contrecarrer l’impression d’« arrogance » que ressentent certains territoires ruraux vis-à-vis des citadins, juge-t-elle.

Le numérique, autre pilier de la prospérité de demain

Pour importante qu’elle soit, la protection du climat n’est toutefois pas sa seule priorité. La numérisation représente aussi un défi essentiel pour la prospérité, a-t-elle exposé au Bundestag. L’économie de demain reposera moins sur la production matérielle, et bien davantage sur les données. Or, l’Allemagne doit « accélérer » sa conversion. C’est notamment vrai dans les PME, auxquelles la chancelière veut proposer une « alliance État-PME ».

Plus globalement, c’est toute l’Europe qu’Angela Merkel appelle à rattraper son retard technologique (fabrication de puces électroniques, de batteries, économie des plateformes, intelligence artificielle, etc.). Le Vieux Continent doit « revenir au meilleur niveau mondial », a-t-elle exhorté. Il doit aussi se renforcer en matière de « souveraineté sur ses données » face aux géants américains ou asiatiques.

La répartition des dépenses fédérales prévues pour 2020, selon le projet de loi de finances présenté hier par le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz. L’équilibre budgétaire demeure la règle
La répartition des dépenses fédérales prévues pour 2020, selon le projet de loi de finances présenté hier par le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz. L’équilibre budgétaire demeure la règle© Gouvernement fédéral

De manière générale, a poursuivi la chancelière, l’Europe doit se renforcer face aux bouleversements géopolitiques. Le Brexit est un facteur d’affaiblissement, juge-t-elle. « Mais d’un autre côté, c’est le moment de développer de nouveaux atouts ». Quoi qu’il en soit, l’Allemagne est « préparée » à affronter l’échéance du Brexit, avec ou sans accord. Même si la chancelière espère encore un accord.

Enfin, un dernier chantier prioritaire s’impose : celui de la cohésion, sociale et territoriale. « Il faut trouver des réponses » aux évolutions divergentes que connaissent les villes et les campagnes, a notamment souligné Angela Merkel. Parmi les grands défis figurent le déploiement de l’Internet haut débit partout et la couverture médicale. La cohésion sociale est ainsi l’une des priorités du projet de loi de finances pour 2020 (voir ci-dessous) que le ministre des Finances, Olaf Scholz, a présenté hier au Bundestag.

A.L.

Plus d’informations :

Office de presse et d’information du gouvernement allemand :
Budget fédéral 2020 : Cohésion sociale et investissements record (en français)

Ministère allemand des Finances :
Un budget pour tous : présentation du projet de loi de finances pour 2020 par le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, mardi 10 septembre au Bundestag (texte + vidéo en allemand)

Bundestag :
Le débat sur la loi de finances pour 2020 (déroulement et résumés en allemand)
Le texte officiel du projet de loi de finances pour 2020, discuté en première lecture du 10 au 13 septembre 2019 (pdf en allemand)

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