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80 ans après l’invasion de la Pologne, le président allemand demande pardon

À l’occasion des commémorations du 80e anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale à Varsovie (Pologne), le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, a solennellement demandé pardon et réaffirmé la responsabilité de l’Allemagne

À l’occasion des commémorations du 80e anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale à Varsovie (Pologne), le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, a solennellement demandé pardon et réaffirmé la responsabilité de l’Allemagne, © dpa

02.09.2019 - Article

À l’occasion des commémorations du 80e anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale en Pologne, le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, a réaffirmé la responsabilité de l’Allemagne.

Le 1er septembre 1939, à 4h40 du matin, l’aviation allemande bombardait la petite ville polonaise de Wieluń (sud-ouest de la Pologne). Plus d’un millier de civils allaient y trouver la mort. Et presqu’au même moment, à 450 km au nord, en bordure de la Baltique, sur la presqu’île des Westerplatte, près de Gdansk, les premiers combats de la Seconde Guerre mondiale retentissaient. Six années d’atrocités débutaient pour l’Europe et le monde. Elles allaient faire plus de 50 millions de morts. Quatre-vingts ans plus tard, le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, est venu rappeler la responsabilité de l’Allemagne et demander pardon.

« Je m’incline dans le deuil devant la souffrance des victimes », a-t-il déclaré hier lors d’une cérémonie de commémoration à Varsovie (Pologne). « Je demande pardon pour la faute historique dont l’Allemagne s’est rendue coupable. Je réaffirme la responsabilité qui continue de nous incomber ».

« Cette guerre », a-t-il dit, « était un crime allemand ». Et « le passé n’est pas clos. Au contraire. Plus cette guerre s’éloigne de nous, plus la mémoire prend de l’importance ».

Le président allemand a ensuite rappelé la responsabilité de l’Allemagne vis-à-vis de l’Europe et appelé l’Union européenne à s’affirmer.

La chancelière Angela Merkel arrivant aux côtés du Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, à la cérémonie de commémoration du début de la Seconde Guerre mondiale, hier, à Varsovie (Pologne). Les hauts représentants de 40 pays étaient présents
La chancelière Angela Merkel arrivant aux côtés du Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, à la cérémonie de commémoration du début de la Seconde Guerre mondiale, hier, à Varsovie (Pologne). Les hauts représentants de 40 pays étaient présents© dpa

Les représentants de 40 États, dont la chancelière Angela Merkel et le vice-président américain, Mike Pence, étaient présents.

Un geste fort de réconciliation

Plus tôt dans la journée, M. Steinmeier s’était déjà rendu à Wieluń. Une première pour un président allemand. Il y a commémoré, seul avec son homologue polonais Andrezej Duda, l’attaque allemande sur la place du marché à l’heure du premier bombardement, avant l’aube.

»Wieluń a été un signe fort, une attaque terroriste de l’aviation allemande et un signe avant-coureur de tout ce qui allait suivre pendant six ans« , a-t-il dit. »Qu’un président allemand puisse se tenir et parler devant vous ici, en ce jour, est un miracle vivant de la réconciliation« . »Une réparation morale« , a ajouté M. Duda.

À Wieluń, le président allemand a demandé pardon une première fois. « Nous n’oublions pas les blessures que les Allemands ont infligées aux Polonais », a-t-il souligné. Avant de conclure en polonais : « Nous n’oublierons jamais ».

A.L.

Plus d’informations :

Discours du président allemand, Frank-Walter Steinmeier (en allemand, anglais et polonais)

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