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Angela Merkel : l’économie doit servir l’homme, pas l’inverse

Angela Merkel, hier, à Genève : « L’Organisation internationale du Travail (OIT) est tout aussi nécessaire aujourd’hui qu’à ses débuts, il y a 100 ans. »

Angela Merkel, hier, à Genève : «  L’Organisation internationale du Travail (OIT) est tout aussi nécessaire aujourd’hui qu’à ses débuts, il y a 100 ans.  », © Gouvernement fédéral/ Steins

12.06.2019 - Article

100 ans après sa création, l’engagement de l’Organisation internationale du Travail (OIT) pour de meilleures conditions de travail reste indispensable, a souligné la chancelière allemande, mardi, à Genève (Suisse).

À l’occasion du centenaire de l’Organisation internationale du Travail (OIT), la chancelière Angela Merkel a appelé mardi, à Genève (Suisse), à l’amélioration des conditions de travail à travers le monde. Cette mission, que l’OIT assume depuis un siècle, est plus urgente que jamais à l’heure de la mondialisation, de la robotisation et du numérique, estime-t-elle. «  L’économie doit servir l’homme, pas l’inverse  ».

«  Le degré d’humanité et de justice d’une société se révèle aussi, et même tout particulièrement aux conditions de travail  », a souligné la chancelière. «  Les êtres humains sont-ils seulement considérés comme des facteurs de production, ou ont-ils la possibilité de se réaliser et de déployer leurs talents ? Leur revenu suffit-il à assurer une vie digne ? Qu’en est-il de la sécurité et de la santé au travail ?  ».

«  Il reste beaucoup à faire, malheureusement  »

«  Il reste beaucoup à faire, malheureusement  », a-t-elle constaté. Aujourd’hui, 152 millions d’enfants dans le monde sont forcés à travailler. La moitié d’entre eux a moins de onze ans, et 73 millions exercent un travail dangereux. Le monde compte aussi 232 millions de migrants «  de travail  », qui vivent pour beaucoup des situations d’exploitation, d’abus, voire d’esclavage. Par ailleurs, près de 700 millions de travailleurs vivent dans la pauvreté avec moins de 3,20 $ par jour.

Quant aux femmes, elles sont trop souvent privées de qualifications et d’autonomie dans les pays en développement. Et elles sont victimes de discriminations salariales et d’accès aux fonctions dirigeantes jusque dans les pays industrialisés.

À ces situations inacceptables, s’ajoutent de nouveaux défis. «  Dans notre monde étroitement connecté, nous devons beaucoup progresser dans notre capacité à transformer effectivement la croissance économique en progrès social  », a exhorté la chancelière. Car «  beaucoup de personnes ont le sentiment que les choses évoluent dans le sens inverse. Elles ont l’impression que la mondialisation crée certes beaucoup de riches, mais qu'elle accroît aussi les inégalités sociales  ».

Un monde du travail en pleine mutation

Nombreux sont aujourd’hui les salariés à se demander s’ils sauront s’adapter au monde du travail de demain, transformé par la révolution numérique.
Nombreux sont aujourd’hui les salariés à se demander s’ils sauront s’adapter au monde du travail de demain, transformé par la révolution numérique.© dpa/pa

Enfin, il faut «  repenser les conditions de travail de fond en comble  » face à la révolution numérique qui «  transforme le monde du travail comme jamais depuis l’époque de la révolution industrielle  ».

Externalisation de tâches, multiplication des plateformes en ligne, avantages et inconvénients du télétravail, nouvelle articulation à trouver entre l’intelligence humaine et l’intelligence artificielle : beaucoup de salariés s’inquiètent,  «  y compris en Allemagne  », de savoir, «  s’ils pourront tenir avec leurs compétences  », a dit Angela Merkel.

Cent ans après sa création, la mission de l’OIT - améliorer les conditions de travail et promouvoir un travail décent pour tous - est donc plus nécessaire que jamais, a-t-elle estimé. C’est aussi le cas du principe de coopération internationale sur lequel elle est fondée.

«  À ceux qui disent que l’on s’en sort mieux seul  », a souligné la chancelière, «  je tiens à dire que le compromis […] ouvre la possibilité de parvenir à un résultat commun à partir de points de vue différents. Il est rarement satisfaisant à 100 % pour chacun, mais il permet d’avancer ensemble  ».

A.L.

 Qu’est-ce que l’OIT ?

 A.L.

Lire le discours de la chancelière (en allemand)

Message vidéo de la chancelière (format texte, audio et vidéo, en allemand)

Office de presse et d'information du gouvernement fédéral (en allemand)

Site officiel de l'Organisation internationale du Travail (OIT) (en français, anglais, espagnol)

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