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Neutralité carbone : l’Allemagne pourrait rejoindre l’initiative européenne

Angela Merkel au sujet de la neutralité carbone : « La discussion ne porte pas sur le fait de savoir si nous pouvons l’atteindre [d’ici à 2050], mais comment nous pouvons l’atteindre ».

Angela Merkel au sujet de la neutralité carbone : «  La discussion ne porte pas sur le fait de savoir si nous pouvons l’atteindre [d’ici à 2050], mais comment nous pouvons l’atteindre  »., © dpa/pa

15.05.2019 - Article

Angela Merkel appelle son gouvernement à trouver «  une réponse raisonnable  » au défi de la neutralité carbone. L’Allemagne pourrait rejoindre l’initiative lancée par la France et huit autres pays européens visant à atteindre celle-ci en 2050.

Après s’être contentée de soutenir l’initiative européenne du président Emmanuel Macron sur l’inscription de la neutralité carbone comme objectif à l’horizon 2050, l’Allemagne pourrait la rejoindre. C’est ce qu’a indiqué Angela Merkel hier à Berlin. La condition, a-t-elle ajouté, est que le comité interministériel sur le climat, qu’elle a récemment institué, trouve «  une réponse raisonnable  » sur les moyens à mettre en œuvre. «  Et je souhaiterais que nous y parvenions  », a dit la chancelière à l’occasion du Dialogue de Petersberg, une réunion de 350 experts du climat.

Réunion du comité interministériel le 29 mai

Les délégués pour le climat de 35 pays ont participé lundi et mardi à Berlin au 10e Dialogue de Petersberg, une étape importante dans les négociations internationales annuelles sur le climat.
Les délégués pour le climat de 35 pays ont participé lundi et mardi à Berlin au 10e Dialogue de Petersberg, une étape importante dans les négociations internationales annuelles sur le climat.© dpa/pa
Angela Merkel présidera la prochaine réunion de ce comité à Berlin le 29 mai. Elle anticipe d’intenses débats en son sein concernant la voie à suivre pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Cependant, a-t-elle souligné, «  la discussion ne porte pas sur le fait de savoir si nous pouvons l’atteindre, mais comment nous pouvons l’atteindre  ».

La chancelière a précisé que «  neutralité carbone  » ne signifiait pas «  zéro émission  » de gaz à effet de serre. Cela veut dire s’engager à afficher un bilan «  zéro carbone  », y compris par des mécanismes de compensation comme le reboisement ou le stockage du carbone.

Dans ce processus, la réduction des émissions de CO2 joue, bien entendu, un rôle majeur. La ministre de l’Environnement, Svenja Schulze, présentera lors de la réunion du comité interministériel plusieurs pistes (bâtiments, transports, fiscalité, etc.) pour atteindre les objectifs que l’Allemagne s’est fixés en la matière. Elle vise l’adoption d’un projet de loi ambitieux avant la fin de l’année pour atteindre l’objectif d’une baisse des émissions allemandes d’au moins 55 % par rapport à 1990 à l’horizon 2030. Les différentes options envisagées suscitent actuellement de vifs débats.

D’autres chantiers revêtent toutefois aussi une grande importance, a souligné Angela Merkel. C’est le cas des énergies renouvelables, dont le développement apporte une contribution majeure à la réduction des émissions de CO2. «  Plus d’un kilowattheure sur trois provient en Allemagne de l’éolien, de l’énergie hydraulique ou du solaire  », a rappelé la chancelière.

 

Berlin se prépare, d’autre part, à sortir du charbon à l’horizon 2038. C’est «  un jalon important  », a souligné la chancelière. Même si c’est «  un tour de force  » : «  nous devons faire en sorte que le processus soit accepté par la société et mener pour cela un vaste débat  ». Le Conseil des ministres fixera les grandes lignes du chantier de la reconversion mercredi prochain. Plusieurs milliards d’euros d’aides publiques sont prévues pour les régions concernées.

Le climat, un défi majeur

 

Devant les 350 experts du climat réunis dans le cadre du Dialogue de Petersberg, la chancelière a tenu un discours ferme et ambitieux sur l’urgence du défi climatique. Le réchauffement est porteur de risques majeurs, a-t-elle rappelé : sécheresses, canicules, inondations, tempêtes, famines, instabilité politique, terrorisme et exodes. «  La question n’est pas de savoir ce que cela coûte, mais ce que serait le coût de l’inaction  ». 

La chancelière a ainsi apporté son soutien aux manifestations mondiales de jeunes («  Fridays for Future  ») pour le climat et confirmé sa volonté de doubler la contribution allemande au fonds pour le climat qui doit financer l’adaptation des pays en développement au réchauffement. Berlin apportera, par ailleurs, également un total de 1,5 milliard d’euros au Fonds vert de l’ONU pour le climat.

Les pays industrialisés ont une responsabilité particulière, a également souligné Angela Merkel. «  Nous avons derrière nous une incroyable consommation de ressources et nous avons posé les jalons de ce qui a mis le monde dans cette situation difficile  », a-t-elle dit.

 

A.L.

Plus d’informations :

Office de presse et d'information du gouvernement fédéral (en allemand)

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