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L’UE et la Chine pour un multilatéralisme du XXIe siècle

Mardi 26 mars au Palais de l’Élysée, à Paris. De g. à dr. : le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le président chinois, Xi Jinping, le président Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel.

Mardi 26 mars au Palais de l’Élysée, à Paris. De g. à dr. : le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le président chinois, Xi Jinping, le président Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel., © dpa/pa

26.03.2019 - Article

À Paris, ce mardi, les dirigeants européens et chinois ont défendu un multilatéralisme rénové face à la nouvelle politique américaine et aux tensions commerciales. Ils aspirent aussi à trouver un nouvel équilibre dans leurs relations, axé sur la «  confiance  » et la «  réciprocité  ».

Protectionnisme américain, guerres commerciales, changement climatique, transformation numérique, migrations : le monde change à toute vitesse. Comment y répondre ? Mardi, à l’invitation d’Emmanuel Macron, le président français, la chancelière Angela Merkel et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, se sont entretenus à Paris avec le président chinois, Xi Jinping. Tous les quatre ont dit leur conviction que la solution passe par une réaffirmation de l’approche multilatérale de la coopération internationale.

Angela Merkel : «  Nous sommes à un tournant  »

Ils appellent à adapter le multilatéralisme aux enjeux du XXIe siècle. «  L’ordre multilatéral actuel a été inventé pour tirer les leçons [de la Seconde Guerre mondiale]  », a rappelé Angela Merkel. « 75 ans plus tard, nous sommes pour ainsi dire à un tournant. Sommes-nous capables d’adapter ce système aux changements de l’époque, ou allons-nous le laisser se pétrifier pour qu’un jour, finalement, il ne réponde plus à ce pour quoi il est fait ?  »

La chancelière, comme ses interlocuteurs, défend le premier terme de l’alternative. Cela passe, a-t-elle dit, par «  une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies  », par «  une réforme de l’Organisation mondiale du commerce  » (OMC), ainsi que par le développement du Fonds monétaire international (FMI), l’adaptation de la Banque mondiale, l’activation du G20 et la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat. La chancelière a toutefois mis en garde : «  nous n’y parviendrons […] qu’à la condition  » de ne pas voir la concurrence comme un mécanisme qui fait des gagnants et des perdants, mais de regarder la coopération multilatérale comme «  un moyen de faire en sorte que tout le monde soit gagnant  ». De plus, «  il n’y aura pas de multilatéralisme sans les États-Unis  ».

Relations UE-Chine

À Paris, les quatre dirigeants ont eux-mêmes tenté de redéfinir le partenariat entre l’Union européenne (UE) et la Chine en insistant sur les termes de «  confiance  » et de «  réciprocité  ». Il faut «  un partenariat eurochinois fort, défini sur des bases claires, exigeantes et ambitieuses  », a plaidé Emmanuel Macron. Il faut «  trouver un équilibre  », a renchéri Angela Merkel. Il faut définir précisément les termes de «  partenariat stratégique  », «  concurrence stratégique ou rivalité  ».

L’un des points clés est le vaste programme d’investissement des «  Nouvelles routes de la Soie  » («  Belt and Road Initiative, BRI) que la Chine tente de déployer par des accords bilatéraux à travers le monde. Emmanuel Macron a exhorté Pékin à » respecter l’unité de l’Union européenne « . » Je crois que c’est un projet important « , a ajouté Angela Merkel, » et que nous, les Européens, devons y jouer un rôle actif. Mais cela doit impliquer une certaine réciprocité que nous avons encore parfois du mal à obtenir « . » Je voudrais […] que les entreprises européennes trouvent le même degré d’ouverture que les entreprises chinoises en Europe « , a renchéri Jean-Claude Juncker.

Les dirigeants de l’UE et de la Chine se retrouveront le 9 avril pour un important sommet UE-Chine. Angela Merkel a également annoncé que la présidence allemande de l’UE organiserait au second semestre 2020 un sommet réunissant les dirigeants de la Chine et des pays de l’UE au grand complet.

A.L.

Plus d’informations :

Office de presse et d'information du gouvernement allemand : transcription de l’intervention de la chancelière Angela Merkel lors de la conférence de presse à l'Élysée (en allemand)

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