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Débat : les réformes Schröder de nouveau à l’agenda

Un entretien dans une agence pour l’emploi (Jobcenter) en Allemagne

Un entretien dans une agence pour l’emploi (Jobcenter) en Allemagne, © dpa Themendienst

26.11.2018 - Article

Près de 14 ans après son entrée en vigueur, la loi Hartz IV, pilier des réformes sociales de Gerhard Schröder, se trouve de nouveau au centre d’un débat sur l’avenir de l’État social en Allemagne.

Réformer ? Retoucher ? Ne pas toucher ? La loi Hartz IV, pierre angulaire des réformes de Gerhard Schröder entrée en vigueur il y a 14 ans, suscite à nouveau le débat en Allemagne. À l’heure où la question de l’avenir de la protection sociale se pose à nouveau, notamment face aux bouleversements de la numérisation sur le travail, les représentants de certains partis plaident pour une réforme plus ou moins radicale de cette loi emblématique.

C’est le cas d’Andrea Nahles. La présidente du Parti social-démocrate (SPD) a récemment annoncé que son parti entendait proposer d’ici au mois de février une « réforme de l’État social pour 2025 ». Et d’ajouter : « nous allons laisser Hartz IV derrière nous ». C’est également le cas du président des Verts, Robert Habeck. Il prône, pour sa part, « une sécurisation garantie », soit une allocation garantie sans contrepartie, ni sanction pour les chômeurs.

Cette dernière proposition reviendrait à abandonner l’esprit de la loi de 2005. Celle-ci entendait en effet donner la priorité au retour à l’emploi en exigeant des chômeurs un concours actif, sous peine de sanctions financières. « Fördern und fordern » (Encourager et exiger), selon le slogan maintes fois répété.

Seize ans après sa création, l’allocation « Hartz IV » est synonyme de précarité dans l’esprit des Allemands
Seize ans après sa création, l’allocation « Hartz IV » est synonyme de précarité dans l’esprit des Allemands© dpa

Et c’est aujourd’hui tout l’enjeu du débat. Pour un certain nombre de responsables, supprimer les effets les plus « durs » de la loi Hartz IV, devenue le symbole d’un accroissement de la précarité dans l’opinion publique allemande et restée un facteur de division au sein des partis de la gauche, est envisageable.

Mais la plupart tiennent à en conserver l’esprit, c’est-à-dire l’idée d’une contrepartie à l’aide apportée. C’est notamment le cas du directeur de l’Agence fédérale pour l’emploi (BA), Detlev Scheele, et celui du ministre du Travail et des Affaires sociales, Hubertus Heil (SPD).

Quant au ministre de la Santé, Jens Spahn (CDU), il juge que « des prestations financières sans contrepartie contredisent [sa] vision de l’économie de marché ». La personne qui travaille doit gagner davantage que celle qui ne travaille pas, dit-il. « Toucher à ce principe mettrait en danger l’acceptation de la solidarité qui fonde le système ». Le débat ne fait sans doute que commencer.

A.L.

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