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Berlin et Pékin ensemble pour le libre-échange

Lors des 5e consultations intergouvernementales germano-chinoises, hier, à Berlin, le Premier ministre chinois Li Keqiang a défendu le libre-échange et le multilatéralisme aux côtés de la chancelière Angela Merkel. 22 accords et contrats commerciaux ont été signés pour plus de 20 milliards d’euros

Lors des 5e consultations intergouvernementales germano-chinoises, hier, à Berlin, le Premier ministre chinois Li Keqiang a défendu le libre-échange et le multilatéralisme aux côtés de la chancelière Angela Merkel. 22 accords et contrats commerciaux ont été signés pour plus de 20 milliards d’euros, © dpa

10.07.2018 - Article

À l’heure où les États-Unis imposent de nouvelles taxes douanières à leurs partenaires, Angela Merkel et son homologue chinois Li Keqiang ont défendu le libre-échange d’une même voix lundi à Berlin. 22 accords de coopération ont, par ailleurs, été signés.

Frappées par les nouvelles taxes douanières américaines, l’Allemagne et la Chine se rapprochent. À l’occasion des 5èmes consultations intergouvernementales germano-chinoises, la chancelière Angela Merkel et le Premier ministre chinois Li Keqiang, ont scellé hier à Berlin de nouveaux projets bilatéraux et plaidé ensemble pour le libre-échange et le multilatéralisme. Nous « voulons renforcer l’ordre commercial multilatéral organisé autour de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) avec des règles », ont-ils affirmé dans une déclaration commune.

Ouverture réciproque

Fait remarquable, l’ouverture qu’ils prônent inclut l’accès réciproque aux marchés. C’est là un point de friction récurrent entre les deux pays : les entreprises allemandes se plaignent de longue date de devoir s’associer à part égales avec des firmes chinoises pour s’implanter en Chine alors que la réciproque n’est pas vraie.

« J’ai fait valoir que nous avions besoin d’un certain équilibre », a dit Angela Merkel. Résultat : dans leur déclaration commune, les gouvernements allemand et chinois affirment s’accorder « sur le fait que l’ouverture des marchés, la liberté du commerce et un accès équitable aux marchés doivent être le fondement et le moteur de nos relations économiques bilatérales ». Ils ajoutent : « L’objectif qui doit être poursuivi est que les entreprises allemandes et chinoises trouvent dans l’autre pays les mêmes conditions d’ouverture […] et d’absence de discrimination […] ».

 

S’agit-il de simples formules ? Non, « les actes suivent », s’est félicitée Angela Merkel. Le P.D.G. de BASF, Martin Brudermüller, a signé avec le gouverneur de la province chinoise du Guandong une déclaration d’intention qui fait du groupe allemand le premier à pouvoir s’implanter dans l’Empire du Milieu en toute indépendance, sans avoir à passer par une joint-venture. « Nous avons emprunté de toutes nouvelles voies », a applaudi la chancelière.

22 accords signés, de « nouvelles voies » empruntées

Au total, 22 accords intergouvernementaux et commerciaux ont été signés entre les États et les entreprises des deux pays lors de ces consultations. Cela représente « des investissements d’un montant de près de 20 milliards de dollars dans le commerce, l’économie, mais aussi la recherche et développement », a précisé M. Li. 

Usine de fabrication de l’i3 à Leipzig (Saxe). Les voitures électriques du constructeur allemand BMW seront les principaux clients de l’usine de batteries automobiles que le fabricant chinois CATL va construire près d’Erfurt (Thuringe)
Usine de fabrication de l’i3 à Leipzig (Saxe). Les voitures électriques du constructeur allemand BMW seront les principaux clients de l’usine de batteries automobiles que le fabricant chinois CATL va construire près d’Erfurt (Thuringe)© dpa-Zentralbild

L’un de ces accords porte sur le développement de la voiture autonome. Un autre prévoit la construction d’une usine de batteries automobiles près d’Erfurt, en Thuringe. Le Chinois CATL va, en effet, investir 240 millions d’euros et créer 600 emplois directs dans cette région qui subissait, il y a quelques années, l’hécatombe de ses usines de panneaux solaires. C’est une première.

De fait, le projet inclut le transfert d’une technologie chinoise vers l’Europe. Que nous ayons été capables de la développer nous-mêmes « ne m’aurait pas attristée », a commenté la chancelière. Mais aucun groupe européen n’a voulu prendre ce risque.

Les débouchés sont, en tout cas, assurés. BMW sera le principal client de l’usine. Le constructeur allemand assemble ses modèles électriques (i3) à Leipzig, à une centaine de kilomètres de là. À partir de 2021, il n’aura plus à faire venir ses batteries d’Asie et fera de substantielles économies pour développer sa gamme électrique.

Dialogue sur les droits de l’homme

Le résultat de ces consultations ne se cantonne toutefois pas à l’économie. Les accords passés couvrent un large éventail qui va de la santé à l’agriculture, en passant par l’apprentissage, l’aide au développement, l’ouverture des marchés financiers et les questions sociales.

Enfin, les dirigeants ont pu aborder ensemble un thème sensible : celui des droits de l’homme. Angela Merkel a réclamé de bonnes conditions de travail pour les fondations politiques et les organisations non gouvernementales allemandes présentes en Chine. M. Li a accepté d’œuvrer en faveur d’une réglementation favorable dans le cadre de la loi chinoise sur les ONG. Il a, par ailleurs, été question du Dialogue bilatéral sur les droits de l’homme, dont la prochaine session est prévue à l’automne, et de la conclusion d’un accord d’assistance judiciaire mutuelle.

A.L.

Plus d’informations :

Office de presse et d'information du gouvernement fédéral (en allemand)

Déclaration commune adoptée à l'issue des 5èmes consultations intergouvernementales germano-chinoises (en allemand)

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