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Le grand oral d’Angela Merkel

Responsable devant le Parlement selon la Loi fondamentale, la chancelière Angela Merkel s’est soumise hier personnellement aux questions de députés du Bundestag. Une nouveauté décidée lors des négociations de coalition © Dpa/pa

Responsable devant le Parlement selon la Loi fondamentale, la chancelière Angela Merkel s’est soumise hier personnellement aux questions de députés du Bundestag. Une nouveauté décidée lors des négociations de coalition., © Dpa/pa

07.06.2018 - Article

La chancelière Angela Merkel s’est soumise hier pendant une heure aux questions des députés du Bundestag. Une première en Allemagne, inspirée du modèle britannique.

À ses professeurs de lycée, Angela Merkel a laissé le souvenir d’une élève brillante, calme et déterminée. Quatre décennies plus tard, elle n’a pas fait une impression différente aux députés allemands. Pour la première fois depuis la fondation de la République fédérale, en 1949, en effet, la chancelière s’est soumise hier au Bundestag à un exercice de questions-réponses sur sa politique. Une minute par question, une minute par réponse. Soit 30 questions traitées en une heure. Et l’impression d’une grande maîtrise dans cette partie de ping-pong avec des députés de tous bords aux questions aussi diverses que les couleurs de l’arc-en-ciel.

Les députés de différents groupes parlementaires ont posé leurs questions alternativement. La règle était stricte : une minute par question, une minute par réponse. Angela Merkel a répondu à 30 questions en une heure © Dpa/pa
Les députés de différents groupes parlementaires ont posé leurs questions alternativement. La règle était stricte : une minute par question, une minute par réponse. Angela Merkel a répondu à 30 questions en une heure.© Dpa/pa

Les relations avec les États-Unis ont vite été mises sur le tapis. Guerre commerciale avec l’Europe, retrait de l’accord sur le nucléaire iranien et de l’Accord de Paris sur le climat : la chancelière a reconnu des « divergences » transatlantiques, que la déclaration commune du G7, qui se tient ce week-end, ne devrait pas réussir à effacer. Même tonalité sur la Russie. « Je suis pour le dialogue avec la Russie, mais sans occulter les différences que nous avons », a-t-elle dit. Quant à l’avenir de la zone euro, sur lequel elle vient de faire des propositions : non, il ne s’agit pas d’accorder des crédits aux États avec plus de laxisme. Les conditions resteront très strictes.

Calme et déterminée face aux députés

Souveraine sur ses thèmes de prédilection, la chancelière allait-elle se trouver en danger sur les pans les plus controversés de sa politique ? Comme prévu, les députés du parti populiste d’extrême droite AfD ne l’ont pas ménagée sur la question des réfugiés en dénonçant « un manque de contrôle » responsable d’une « marée de millions d’illégaux ». Angela Merkel ne s’est pas départie de son calme. Dans la « situation humanitaire exceptionnelle » qui s’est présentée au cours de l’année 2015, a-t-elle répondu, l’Allemagne a « eu un comportement très responsable ». La Cour de justice européenne a validé la légalité des décisions prises. Il n’en reste pas moins qu’il s’agissait là d’une situation exceptionnelle, a-t-elle ajouté.

Grand oral réussi, donc, pour la chancelière. C’est l’avis général. Et celui de l’intéressée elle-même qui serait bien restée plus longtemps, comme elle l’a confié à la fin de l’exercice. « Mais je reviendrai », a-t-elle dit.

Rendre le débat politique plus vivant

De fait, Angela Merkel va se soumettre trois fois par an à ce nouvel exercice qui est directement inspiré du modèle britannique des Questions au Premier ministre. Cela a été décidé par les partis du gouvernement et inscrit dans le traité de coalition à l’initiative du Parti social-démocrate (SPD). Il s’agit, à l’heure où les populistes ont le vent en poupe et où les citoyens ont l’impression que les responsables vivent loin de leurs problèmes, de rendre les débats parlementaires plus vivants, concrets et proches des préoccupations des citoyens.

Rien ne dit, cependant, que le format restera immuable. Car si la prestation d’Angela Merkel a été unanimement saluée, la presse se fait aussi l’écho d’un manque de substance lié à la brièveté de l’exercice. D’aucuns réclament déjà des améliorations, notamment pour instaurer plus de débat et d’échanges.

A.L.


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