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Budget : Berlin à l’équilibre

03.05.2018 - Article

Adopté hier, le premier projet de loi de finances du nouveau gouvernement allemand a trois priorités : équilibre budgétaire, cohésion sociale, investissements dans l’avenir.

Le visage a changé, la couleur politique aussi. Wolfgang Schäuble le chrétien-démocrate (CDU) a transmis les clés de la maison au social-démocrate Olaf Scholz (SPD), dont le parti n’avait plus géré le portefeuille des Finances depuis 2009. Mais pour l’heure, le changement devrait à peu près s’arrêter là. La réduction de la dette publique demeure l’horizon de la politique budgétaire allemande. Et ce pour les quatre ans à venir.

 

Olaf Scholz, ministre des Finances, a présenté son premier projet de loi de Finances mercredi à Berlin © Dpa/pa
Olaf Scholz, ministre des Finances, a présenté son premier projet de loi de Finances mercredi à Berlin© Dpa/pa
Premier exercice pour le successeur de Wolfgang Schäuble

M. Scholz a présenté son premier projet de loi de finances en Conseil des ministres hier. Le texte concerne l’année 2018 (l’absence de gouvernement issu des élections avait retardé son adoption). Il s’accompagne des grandes lignes du projet de loi de finances pour 2019, ainsi que des perspectives financières à moyen terme (jusqu’en 2022).

L’orientation est claire : des dépenses qui augmentent au même rythme que les recettes, un budget à l’équilibre et la poursuite de l’effort de réduction de la dette. Selon le ministère des Finances, la dette allemande devrait repasser dès 2019 sous la barre des 60 % du produit intérieur brut, le plafond fixé par les traités européens. Ce n’était plus arrivé depuis 2002.

Hausse raisonnée des dépenses

Les dépenses de l’État subiront une hausse raisonnée et ciblée (+3,1 % en 2018, + 4,4 % en 2019, + 1,5 % en 2020), comme ces dernières années. Elles s’élevaient à 330,7 milliards d’euros en 2017. Elles atteindront 341 milliards cette année et 367,7 milliards en 2022.

Investir restera une priorité. Les dépenses d’investissement augmenteront de trois milliards d’euros pour atteindre 37 milliards d’euros cette année. Le surcroît d’investissements par rapport aux années passées s’élèvera à 146 milliards d’euros d’ici à 2021, un chiffre appréciable.

Il s’agira essentiellement de préparer l’avenir. En 2018, ces investissements iront à l’éducation et à la recherche (22,9 milliards d’euros, soit 2,2 milliards d’euros de plus qu’en 2016 et 60 % de plus qu’en 2009), aux transports (14 milliards d’euros) et au développement du réseau d’Internet à haut débit (+ 1,15 milliard d’euros).

Des moyens et des effectifs supplémentaires seront, par ailleurs, affectés à la sécurité intérieure. Le budget qui y est alloué, en hausse cette année de 14 % par rapport à 2017, dépasse pour la première fois les cinq milliards d’euros.

Le Bundestag examinera le budget en juin © Dpa/pa
Le Bundestag examinera le budget en juin© Dpa/pa
La cohésion sociale, autre priorité

Enfin, la dernière grande priorité est la cohésion sociale et le soutien aux classes moyennes. « Nous prévoyons des allègements ciblés pour les faibles et les moyens revenus », a souligné M. Scholz. « Les jeunes familles bénéficieront de l’amélioration des offres de garde et d’une augmentation des allocations familiales. […] L’État accroîtra ses dépenses pour financer la construction de logements abordables et pour offrir de meilleures perspectives d’emploi aux chômeurs de longue durée ».

5,2 milliards d’euros sont prévus d’ici à 2022 pour financer une hausse des prestations familiales, 7,5 milliards pour l’amélioration de l’offre de garde des enfants, deux milliards pour accélérer la construction de logements sociaux, deux milliards pour soutenir l’accession à la propriété et quatre milliards (dont 300 millions dès cette année) pour offrir de nouvelles perspectives à 150 000 chômeurs de longue durée.

Enfin, le nouveau ministre des Finances prévoit des moyens supplémentaires pour la défense (+ 1,5 milliard en 2018, + 3 milliards en 2019), la prévention des crises, la coopération au développement (+ 978 millions en 2018) et l’aide humanitaire (+ 294 millions d’euros).

Il s’agit là d’ « augmentations importantes », a-t-il commenté. Tel n’est toutefois pas l’avis des ministres concernés. Ursula von der Leyen, ministre de la Défense, et Gerd Müller, ministre de la Coopération économique et du Développement, se sont plaints ouvertement que la hausse des moyens alloués à leurs portefeuilles à moyen terme serait insuffisante pour réaliser les investissements nécessaires et respecter les objectifs pris par l’Allemagne vis-à-vis de l’OTAN en matière de dépenses militaires (2 % du PIB contre 1,24 % actuellement) et vis-à-vis de l’ONU en matière d’aide au développement (0,7 % du PIB, contre 0,5 % actuellement).

La chancelière Angela Merkel a apporté son soutien à M. Scholz tout en ajoutant que les revendications émanant de ministères étaient banales. « Le budget [pour 2019, ndlr] sera adopté en juillet [en principe le 4, ndlr] », a-t-elle dit. « D’ici là, il y aura sûrement encore des discussions ».

A.L.

Plus d’informations :

Ministère allemand des Finances (en allemand)

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