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La chute du Mur, de Michaël Dittmann

14.10.2019 - Article

Quand j’ai entendu à la télévision que le mur allait tomber j’ai tout de suite décidé de partir pour Berlin...

J’habitais à cette époque-là à Paris et je décidais de partir, avec naturellement ma femme mais aussi mon fils âgé de 14 ans. Ma fille faisait alors ses études aux États-Unis. Mon fils m’a dit « J’ai école », je lui ai répondu, « Mon fils, tu dois vivre l’histoire en direct ! »
Malheureusement je n’ai plus trouvé d’avion pour Berlin et je décidais de prendre un avion pour Hanovre et là j’ai loué une voiture. A la frontière à Helmstedt tout était bouché et je n’ai pu passer qu’après minuit mais cette-fois là on passait sans contrôle !! De l’autre côté de l’autoroute, pour sortir de la partie Est on observait des bouchons sans fin avec des voitures parfois à l’arrêt tellement l’autoroute était saturée. Nous sommes arrivés finalement à Berlin vers 7 h du matin et là a débuté une journée mémorable… Le soir, je suis allé vers la Potsdamer Platz parce que là-bas les deux maires de Berlin voulaient se donner la main et pour cela il fallait ouvrir le mur. Le mur était construit à partir de grandes plaques et sur ces plaques étaient toujours écrites des choses et à cet endroit précis il était écrit, je traduis en français « Hitler et Staline ont trahit les pays baltes ». Il s’est alors passé une chose incroyable : la première plaque à céder fut celle où était inscrit le mot Staline, tout le peuple, la masse de gens, s’est alors mise à crier ensemble « Hitler weg » ce qui veut dire « Dégagez Hitler » ! Ils ont ainsi enlevé la plaque avec le mot Hitler et donc les deux premiers mots à disparaître ce jour-là furent Staline et Hitler, les deux monstres du XXe siècle… Personne n’aurait pu imaginer une scène plus théâtrale que celle-ci.
Cette journée à Berlin a été spécialement formidable car il y avait une absence totale de nationalisme. On échangeait dans les rues silencieusement, les policiers ont distribué deux millions de plans de Berlin aux passants, les métros ont roulé au rythme de toutes les deux minutes le jour comme la nuit gratuitement et, l’atmosphère était à la surprise totale et à une forme de bonheur.
On peut dire que ça n’a pas été qu’un évènement allemand, ou qu’un évènement européen, ça a été un évènement mondial.

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