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Cet événement restera à toujours dans nos souvenirs !

01.10.2019 - Article

Mon mari et moi y étions également. J'étais enceinte de notre fils qui fêtera son 30ème anniversaire en 2020 !

Le jour de la chute du mur, nous étions à la maison et avions la visite d'un collègue de mon mari, lui aussi professeur d'un établissement d'enseignement secondaire. Nous avions la télé allumée et suivions l'évolution des choses avec grand intêret sans que l'idée ne nous ait effleurée de nous rendre à une des frontières proches puisque nous habitions à Neukölln à l'époque et que nous avions également une sorte d'observatoire à proximité de chez nous pour regarder par dessus le mur.

C'était impressionnant de voir tous ces gens qui s'étaient postés derrière la barrière de frontière et accueillaient les habitants de Berlin-est qui passaient la frontière avec leur véhicule en tapant sur le toit des trabis. On sentait la joie que l'annonce de l'ouverture des frontières avait provoquée! Que de belles images qui resteront à jamais encrées dans mes souvenirs.

Le lendemain, mon mari s'est rendu avec ses élèves devant la Brandenburger Tor et lorsqu'il est rentré du travail, il m'a raconté que l'ambiance sur place était très particulière et très sereine. Nous nous y sommes donc rendus ensemble. Il y avait un monde fou!

Des gens avaient apporté des marteaux et prenaient des parties du mur en souvenir , d'autres s'étaient assis en haut du mur face à la Porte de Brandebourg. On sentait vraiment que la situation était exceptionnelle et l'ambiance euphorique.

Cependant, étant enceinte, je ne me sentais pas trop rassurée vu la foule qui se trouvait sur place. Il arrivaient sans cesse de nouvelles personnes.

Quelque temps plus tard, des amis qui habitaient aux environs de Karl-Marx-Stadt - aujourd'hui Chemnitz - sont venus nous rendre visite pour recevoir le « Begrüßungsgeld » - l'argent de bienvenue à hauteur de 100 DM par personne qui leur était versé à leur arrivée et également rapidement dépensé pour acheter des produits qu'ils avaient du mal à trouver chez eux. Tous les jours, on rencontrait des habitants de l'Allemagne de l'est dans les rues que l'on reconnaissait facilement à leur manière de se vétir. C'était une période très importante pour les deux pays et cette ambiance particulière a reigné sur la ville pendant des mois.

Plus tard, peu après la chute du mur, nous avons décidé d'acheter une maison proche de la frontière au nord de Berlin, dans le land de Brandebourg. Il n'y avait pratiquement pas de biens immobiliers en vente à cette époque et les maisons étaient en très mauvais état du fait du manque de matériel. Lorsque nous nous y sommes installés, j'avais toujours l'impression de faire partie de l'histoire et de la vivre de très près.

Quand nous avons fait connaissance de nos voisins,certains entendaient que je venais d'un autre pays, mais jamais ils n'auraient imaginé que je puisse venir d'un autre pays que la Hongrie, la Yougoslavie ou d'un autre pays de l'est.

Il s'est avéré très difficile de faire des travaux car très rapidement, il n'y avait plus de chaudières sur le marché. Il fallait attendre des semaines pour en avoir une. Il en était de même pour les cuisines et tout l'ameublement.

Avec le recul je pense qu'aucun autre pays que l'Allemagne n'aurait été en mesure d'assumer financièrement une telle réunification. Les Berlinois par exemple ont dû renoncer à une prime qui était versée du fait que les prix à Berlin étaient plus élevés qu'ailleurs en Allemagne de l'Ouest. La mise en place du « Soli - Solidaritätszuschlag » a permis aux länder de l'ex-RDA de se rapprocher du niveau urbanistique des länder de l'ancienne RFA. D'un autre côté, il existe encore de magnifiques villes par exemple sur la côte baltique que l'on ne retrouve pas toujours dans les anciens Bundesländer du fait que les années 1970 ont vu naître une nouvelle époque architecturale. 

De Christine Neumann

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